Retraites : le choix de la solidarité

Posté par section le 9 février 2010


En France, la retraite tend à n’être plus considérée comme un nouvel âge de la vie libéré du travail, mais comme une entrée en précarité. Avec une constance et une pugnacité exemplaires, la droite et le MEDEF mettent en scène cette dramatisation qui engendre chez les salariés, notamment chez les plus jeunes, un manque de confiance grandissant envers notre système de retraite par répartition. Un système auquel les mêmes salariés se déclarent pourtant fortement attachés, comme d’ailleurs à toutes les autres formes de solidarité.

La rengaine selon laquelle il n’y aurait qu’une « solution de bon sens » et une seule, à savoir que « chaque salarié mette la main à la poche », fait son chemin. Elle n’est pas sans rappeler le funeste « there is not alternative » de Margaret Thatcher des années 80. Pour faire bonne mesure, on accuse de dogmatisme ceux qui osent encore prétendre que l’on peut pérenniser la retraite par répartition et conserver à 60 ans l’âge légal du départ en retraite. Malhonnêteté intellectuelle, qui consiste à mettre un point final à tout débat par un mot détourné de son sens — ici « dogme ». Car en matière de retraite, il ne s’agit pas de dogme mais d’un choix de société. Pour la gauche, pour le camp du progrès, la retraite est un nouvel âge de la vie, qui doit être émancipateur et non synonyme de précarité. Pour que toutes et tous puissent la vivre ainsi, elle ne peut donc être envisagée qu’à travers un système solidaire. Et au xxie siècle, dans le monde tel qu’il est, cette solidarité est possible. À condition – et c’est là que le bât blesse – de redistribuer autrement les richesses. C’est, répétons-le, un choix de société, un choix politique fondamental, à l’opposé de celui de la droite et du MEDEF dont l’objectif est de baisser le montant des retraites pour remettre en cause le système par répartition, comme préconisé par le FMI dès les années 90. Par le biais de la peur, le gouvernement incite donc les salariés à accepter des réformes qui les conduiront à souscrire des fonds de pension et à alimenter ce faisant la financiarisation de l’économie, dont ils seront, comme on vient de le vivre, les principales victimes.

Il n’y a là aucune surprise. Tout cela était déjà clairement exposé dans le programme du candidat Sarkozy. La crise a pourtant discrédité le système par capitalisation que la droite voulait introduire dans notre pays. Quant aux réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) qui ont allongé la durée des cotisations et aligné, au nom de l’égalité, le système de retraite des fonctionnaires sur celui du privé, certains « pragmatiques de gauche » les trouvait opportunes. Elles ont lamentablement échoué. Un million de retraités vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. La moitié des retraités français qui prennent aujourd’hui leur retraite perçoivent moins de 1000 € par mois. 600 000 personnes touchent la minimum vieillesse qui s’élève à 677 € mensuels. Avec 40% d’écart dans le montant des pensions, l’inégalité entre les hommes et les femmes est toujours aussi criante.

Quant au taux d’activité des seniors, que prétendait régler la réforme Fillon, il demeure en France le plus faible d’Europe — 38,1% contre 70% en Norvège par exemple. Ainsi, tant dans le privé que dans le public, 60% des personnes qui liquident leur retraite à 60 ans sont inactives. Telle est la réalité : en France aujourd’hui, l’âge réel de la cessation d’emploi est de 58 ans. Non par choix des salariés, mais parce que les entreprises se détournent des seniors au prétexte qu’ils seraient moins productifs — au prétexte surtout qu’ils coûtent plus cher qu’un jeune. Allonger la durée de cotisation, notamment en temps de crise et de chômage, aggraverait donc la baisse du taux de remplacement (niveau des pensions) et la précarité des retraités.

Pour peu que l’on accepte d’en débattre dans le camp du progrès, d’autres solutions sont possibles qui tiennent compte de l’évolution démographique et de l’espérance de vie, mais sans en faire des alibis de la destruction de notre système par répartition. D’autant qu’en la matière, les prévisions se sont avérées aléatoires. Ainsi le Conseil d’Orientation des retraites (COR) qui avait établi des projections à l’horizon 2040 les a révisées en 2007, compte tenu de l’évolution démographique favorable de notre pays. S’il ne faut pas bannir les projections, il convient de les manier avec prudence et surtout de ne pas occulter un facteur essentiel à tout débat sur les retraites : les ressources. Or certaines d’entre elles sont soigneusement écartées des discussions. Ainsi de l’augmentation des salaires et du chômage qui pèse lourdement sur le financement des régimes de retraite : un point de masse salariale globale correspond à 2 milliards de recettes supplémentaires pour le régime général. L’amélioration de l’emploi et l’augmentation des salaires, adossés à une politique économique qui relance le pouvoir d’achat et impulse les investissements porteurs d’avenir, seraient d’importants générateurs de ressources.

De la même façon, il faut prioritairement élargir l’assiette des prélèvements et taxer les revenus financiers.

Enfin, une autre piste nous semble intéressante à explorer. Selon les prévisions les plus pessimistes du COR (celles de 2003), une augmentation de 0,37% par an des cotisations sociales (à répartir entre cotisations salariales et patronales) à l’horizon 2040, permettrait d’équilibrer le système sans réduire le taux de remplacement ni allonger la durée de cotisation. D’après un sondage IPSOS, les Français sont prêts à cotiser plus, plutôt que de travailler plus longtemps. Aux opposants à cette piste qui ressassent que cela induirait une augmentation du coût du travail préjudiciable à l’emploi, on peut aisément rétorquer qu’il n’existe aucun lien macroéconomique avéré entre le coût du travail et l’emploi.

Si toutefois la hausse des cotisations retraites était de nature à peser sur la santé des PME, il est possible d’en atténuer les effets. D’une part à travers une réforme des cotisations patronales, assise sur la valeur ajoutée, afin de favoriser l’emploi dans les PME riches en main d’œuvre. D’autre part à travers une réforme de l’impôt sur les sociétés modulée pour alléger l’impôt des PME — en fixant un taux majoré applicable aux bénéfices distribués aux actionnaires, et un taux minoré pour les bénéfices réinvestis.

Seule une véritable volonté politique qui ose lever le tabou de la répartition des richesses peut prétendre pérenniser le système par répartition. Le débat sur les retraites est un débat entre deux modèles de société. Celui de la droite et du Medef face à celui du camp du progrès. La gauche ne doit jamais l’oublier.

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Mort de la médecine du travail ?

Posté par section le 9 février 2010

Conçue à l’origine comme un magnifique outil de prévention en matière de santé dans les entreprises, la médecine du travail a été délibérément dégradée, décimée, déconsidérée par les employeurs. Le Medef a jugé le moment opportun de lui porter le coup de grâce puisque, après une négociation de février à octobre 2009, devant le refus unanime de tous les syndicats, il a chargé Xavier Darcos de reprendre l’essentiel de son projet.

Les médecins du travail n’assureraient plus le service de santé au travail, remplacés par une nébuleuse « service de santé au travail » (SST). La « pénurie » de médecins du travail sera entérinée puisque infirmiers, personnel médical, médecins de ville, et des IPRP (Intervenants en Prévention des Risques Professionnels) au statut mal défini et non protégé, s’y substitueront. Les visites avec de vrais médecins du travail seront espacées tous les 3 ans « sur demande » et si « l’infirmier en santé au travail évalue le besoin de voir le médecin du travail » dans les « secteurs à risques ».

La visite d’embauche aurait un but de sélection et d’éviction. Une « visite de prévention de la désinsertion professionnelle » pendant l’arrêt de travail serait systématique après 21 jours d’arrêt sous contrôle, bien sûr, de l’employeur. « L’obligation de recherche de reclassement de l’employeur débute avec cette démarche et se termine avec la visite de reprise ». Cela met fin de facto à la protection du salarié pendant son arrêt de travail. Les médecins ne feront plus que de la sélection et de l’éviction et perdront leur rôle de préventeurs. La possibilité de licenciement pour inaptitude serait réduite à une seule visite et le médecin ne pourrait plus formuler des préconisations pour l’adaptation du poste d e travail (restrictions, aménagement, changement de poste…). Le « tiers-temps » des médecins pour l’étude des conditions de travail est supprimé : il n’y a plus besoin de médecin spécialiste connaissant le travail et ses effets sur la santé. Tout cela avec des SST ayant des conseils d’administration où les employeurs disposent des deux tiers des sièges. Un appel est lancé par 200 médecins et inspecteurs du travail.

Pour lire et signer la pétition : 

non-mort-medecine-travail.net/

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La retraite à soixante ans, un précieux acquis de civilisation

Posté par section le 29 janvier 2010

par Jean-François Claudon, Julien Guérin, Simon Thouzeau, Représentants jeunes de Démocratie et Socialisme (www.democratie-socialisme.org )

Toute la gauche est attendue au tournant sur la question des retraites. Les grandes grèves de 1995 et 2003 ont prouvé que les salariés sont attachés au système solidaire de retraite par répartition. Mis en place à la Libération dans une France en ruine, héritage du programme du Conseil national de la Résistance, ce modèle a permis aux retraités de sortir de la misère. Les coups portés par Balladur en 1993 et Fillon en 2003 furent autant de pas en avant vers un régime concurrentiel avec des retraites placées au grand casino de la finance mondiale. Sarkozy, l’associé du Medef, souhaite repousser l’âge de départ en retraite au-delà de soixante ans. Toute la gauche politique, associative et syndicale devrait être rassemblée pour défendre l’une des plus grandes conquêtes sociales issues de la victoire de mai 1981. Des millions de salariés épuisés par une vie de labeur ont pu ainsi bénéficier de cinq années supplémentaires pour voyager, se cultiver, profiter de leurs petits-enfants, bref jouir pleinement de la vie. Mitterrand avait raison quand il disait que la retraite à soixante ans avait « ajouté de la vie aux années » ! Cette mesure, mise en place il y a vingt-neuf ans, serait-elle devenue un luxe dans une France deux fois plus riche qu’à l’époque ? On n’ose y croire !
« Vont-ils bazarder la retraite à soixante ans ? », comme le titrait l’Humanité du 20 janvier ? On espère que non. Mais il est sûr que nous serons des millions à la défendre ! Cet acquis de civilisation a permis d’élever l’espérance de vie et d’assurer des pensions décentes à tous les travailleurs. On voudrait nous faire croire que l’urgence est de travailler plus longtemps même si, dans la réalité, l’âge de départ moyen est de cinquante-huit ans. En France, deux salariés sur trois ne travaillent plus à soixante ans et la durée moyenne de cotisation n’a jamais dépassé trente-sept annuités ! Et si un salarié sur trois est contraint de dépasser les soixante ans, c’est pour éviter un niveau de retraite trop bas. Les grandes entreprises jettent les salariés de plus de cinquante-cinq ans comme des Kleenex, alors que, par le travail de toute une vie, ils ont créé des richesses, de plus en plus accaparées par les profits. Les jeunes n’ont pas à payer demain les choix faits aujourd’hui en leur nom. Maintenir des salariés qui sont en activité depuis si longtemps et qui légitimement aspirent à la retraite, c’est autant d’emplois en moins pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Des salariés fatigués d’un côté, des jeunes chômeurs de l’autre : on marche sur la tête. Un emploi stable est une condition essentielle pour permettre à chaque jeune de construire sa vie et de mener à bien ses projets.
Il semble que ce soit une phrase mal bâtie qui ait fait croire que le Parti socialiste allait accepter la remise en cause de ce droit fondamental à la retraite à soixante ans. Ce serait un mauvais coup pour toute la gauche. En 2008, le PS a affirmé unanimement « lutter pour la préservation de l’accès à la retraite à soixante ans, conquête sociale majeure ». De même, les Jeunes Socialistes ont choisi de défendre « le système de protection sociale, notamment le système de retraite par répartition avec un âge de départ à soixante ans » lors de leur dernier congrès. A ce jour, aucune décision collective n’est venue remettre en cause cette position. Pour pérenniser ce système, des solutions existent : augmenter les recettes des caisses de Sécu en menant une lutte acharnée contre le chômage, rapprocher les durées réelles du travail de la durée légale à trente-cinq heures, augmenter les salaires, moduler les cotisations sociales salariales et patronales et récupérer les 65 milliards d’euros cachés dans les niches fiscales. Le but doit être de garantir des retraites à 75 % de reversement, aucune n’étant inférieure au smic. En un mot, il faut d’abord redistribuer les richesses. Du capital vers le travail.

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Tous unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous !

Posté par section le 14 janvier 2010



Par Tuncay Cilgi (responsable MJS-64 Pau)

La droite n’aime pas la retraite par répartition. Elle n’aime pas non plus son mode de financement basé sur les salaires, à savoir les cotisations sociales, qu’elle considère au même titre que le patronat comme une « charge », qu’il faudrait alléger. Pourtant c’est le système le plus efficace, le plus sûr et le plus pérenne. S’il en fallait encore une preuve, la crise actuelle constituerait la plus éclatante, car ce n’est pas moins de 10 millions d’Américains, qui pensaient préparer leur retraite par la capitalisation, ont tout perdu quand la bulle financière a éclaté et a englouti les milliards de liquidités qu’ils s’étaient résolus à jouer en bourse !

La droite n’en est pas à sa première contre-réforme -loin s’en faut- pour affaiblir le système par répartition et, par-là même, dissuader les salariés d’opter pour la retraite par capitalisation. Déjà la loi Boulin du 31 décembre 1971 prévoyait le passage de 120 (30 ans) à 150 trimestres (37, 5 ans) de la période d’assurance ouvrant droit à une pension à taux plein, sur la base désormais des 10 meilleures (et non plus dernières) années de salaires.

Vingt-deux ans après la loi Boulin, la droite revient à la charge avec l’ordonnance Balladur de 1993. Une réforme des retraites qui a fait mal aux salariés du privé, et pour longtemps. Elle prévoyait d’allonger la durée de cotisations de 37, 5 (150 trimestres) à 40 annuités (160 trimestres) pour prétendre à une pension à taux plein. Dorénavant, le calcul de la pension des salariés du privé est basé sur les 25 meilleures années et non plus les 10. De surcroît, sa revalorisation est indexée sur l’inflation, et non plus sur les gains de productivité. Il en résultera une diminution des pensions de 26 % à l’échéance 2020. Il n’y a pas photo, quant au caractère régressif et antisocial de la réforme.

Et ce n’est pas fini, puisque qu’en 2003, après avoir laissé mûrir l’opposition entre salariés du privé et public, la réforme Fillon s’en prend cette fois-ci à la fonction publique, bastion de résistance sociale que le plan Juppé n’avait pas réussi à faire vaciller en 1995. Mais, si cette énième réforme voulait bel et bien s’en prendre à la citadelle syndicale que constituait le public,  elle n’en égratignait pas moins le privé au passage. En effet, la « réforme »  prévoit d’augmenter la durée de cotisations de la fonction publique à 40 annuités, contre 37,5 avant 2003, pour une pension à taux plein. La réforme insère également un système de surcote et de décote. Les personnes qui n’ont pas le nombre de trimestres suffisant à l’âge de la prise de la retraite subissent une décote de leur pension ou sont invités à racheter des trimestres manquants. Celles qui ont le nombre de trimestres supérieurs aux 160 trimestres légaux se voit quant à eux appliquer une surcote, mais pour les seuls trimestres au-delà des 160 trimestres. La nouveauté amère et lâche, c’est que ce système est appliqué au privé comme au public.

Et ce n’est pas l’élection de Bling-bling qui a arrêté l’hémorragie. Bien au contraire. Dès sa prise de fonction, en quête d’un mouvement social à briser afin de manifester aux yeux de la bourgeoisie sa volonté de « rupture », il s’attaque aux régimes de retraites dit « spéciaux ». Toujours en se servant de l’opposition des salariés du public et du privé et de la désunion syndicale, il  décide unilatéralement d’aligner la durée de cotisations de certaines catégories de salariés du public (RATP, SNCF, EDF GDF…), qui étaient à 37, 5 annuités, sur celle des autres salariés, à 40 annuités. Pourtant les salariés, dits du régime « spécial », perçoivent une part importante de leur salaire en prime, part qui n’est pas prise en compte dans le calcul de leur pension future. De plus, les salariés du régime général cotisent 10 % de leur salaire pour leur retraite, alors que les salariés du régime « spécial » cotisent 26 %. Mais ni les médias télévisuels, ni les journaux -hormis certains journaux honnêtes comme L’Humanité-, n’ont dit aux citoyens ces vérités. Cela prouve encore une fois qu’ils sont aux ordres d’une oligarchie qui veut détruire tous ce que les salariés ont conquis comme droit légitime depuis deux siècles.

Pour donner une illustration de leur détermination, voici la question qu’a posé Jean-Louis Debré (alors président UMP de l’Assemblée Nationale) à François Fillon : « Pourquoi lorsqu’il était ministre, n’a-t-il pas fait une réforme des régimes spéciaux ? » La réponse est simple mais cinglante : ilfallait diviser le salariat pour pouvoir l’affronter sur un sujet aussi sensible que les retraites. Horace, seul face aux trois Curiaces, avait lui aussi choisi d’attaquer l’un après l’autre ses adversaires. Le secteur privé, la fonction publique et les régimes spéciaux : la droite française est cornélienne, puisqu’elle a toujours cherché à diviser notre camp pour régler son compte à des secteurs partiels du salariat. De la part de l’actuelle Premier min istre, les choses sont dites clairement : diviser les salariés pour mieux imposer.

Mais la réforme Fillon de 2003 est beaucoup plus sournoise qu’on pourrait le penser de prime abord. L’article 5 de la réforme prévoit d’ajuster (entendez « augmenter ») la durée de cotisations si la situation des comptes de retraites venait à se détériorer. Une contre-réforme aura donc bien lieu et ce sera en 2010 après les régionales. Comme par hasard après les régionales… Non, plutôt par tactique politique. Car si nous avons gagné 22 régions métropolitaines sur 24 en 2004, c’est avant tout parce que le mécontentement suscité par la réforme Fillon de 2003 avait poussé les électeurs, pour une grande partie, à voter pour nous. La droite le sait, s’en souvient et ne veut pas reproduire la même erreur.

La détérioration des comptes de la sécurité sociale en général, et des régimes de retraite en particulier, est le produit d’une volonté politique délibérée. Leur but est bel et bien de remettre en cause la sécurité sociale et la retraite par répartition instituées par le Conseil Nationale de la Résistance en 1945. Il n’est donc pas étonnant que la  droite défende en 2010 une énième-contre réforme, car le boulot est encore loin d’être fait totalement… Et pour couronner l’édifice de régression sociale construit patiemment par la droite, le gouvernement s’est empressé de donner un délai aux entreprises pour négocier des accords visant à garder plus longtemps les seniors. En cas de non-accord, les entreprises se verront assujetties à une taxe de 1 % de la masse salariale. Il s’agit bel et bien d’une mesure visant à priver les jeunes d’emploi alors que le chômage est endémique dans cette classe d’âge. Une droite qui fonctionne à contre courant sinon qu’elle marche sur la tête ou bien sur l’avenir des jeunes.

Face à une droite qui mène sans vergogne, depuis un demi-siècle, un combat sans merci, de contre-réformes en contre-réformes, contre notre système de sécurité sociale, il faut dire clairement que des solutions existent pour le maintenir et même le renforcer. Nous sommes largement en capacité de pérenniser la retraite par répartition et défendre la retraite à 60 ans instituée par la gauche en 1982 !

Toutes les contre-réformes de la droite ont été menées sur l’autel de postulats purement fantaisistes, faux, manipulés et déformés. Le trou de la sécu par exemple, c’est une volonté politique délibérée. En effet, l’Etat consent chaque année 60 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales, sans contrepartie, qui vont dans les poches du patronat. En dépit de ces cadeaux, il n’y a eu aucune amélioration de la situation de l’emploi. Et cela dure depuis plus de 25 ans !

La droite s’appuie sur le vieillissement de la population et le rapport Charpin pour justifier ses contre-réformes. Mais ce que la bande du Fouquet’s oublie de dire, c’est que ce rapport, rédigé et publié en 96-97, prévoyait 250 000 naissances entre 1999 et 2000. Manque de bol, ce sont 850 000 bambins qui ont vu le jour, soit trois fois plus ! Et depuis 2009, la France est championne d’Europe des naissances devant l’Irlande. En outre, ce rapport décidément ubuesque n’a pas pris en compte dans ces calculs l’augmentation du PNB années après années. Ce n’est pas comme si, en 30 ans, il avait plus que doublé…

Voilà le fond du problème. Vouloir augmenter la durée de cotisations et chercher coûte que coûte à l’allonger à 41, voire 42 annuités, est complètement contraire à la réalité. Deux personnes sur trois ne sont plus au travail après 40 ans de boulot. En France, la durée moyenne de cotisations est de 37, 5 annuités, quand l’âge moyen de prise de la retraite est de 57 ans contre 58 en Europe. Si l’on ajoute aux coups de boutoir de la droite la précarisation des emplois (enchaînement des CDD, recours à l’intérim…) imposée par le patronat depuis trente ans, il devient clair que la sécu ne sera pas mieux financée, mais que le montant des pensions sera, lui, nécessairement amené à baisser. C’est bien là l’objectif des contre-réformes de la droite. Elle ne veut pas « sauver » le système, mais bien le couler ! Elle cherche à décrédibiliser aux yeux des salariés le système par répartition afin qu’ils optent en masse pour la retraite par capitalisation, dont on a pourtant vu la fragilité, et même l’insécurité consubstantielle en période de crise. Chaque recul de la retraite par répartition, ce sont les banques et assureurs privés qui en profitent.

Pourtant, le COR (Conseil d’orientation des retraites), institué par le gouvernement de la gauche plurielle, a calculé qu’avec une augmentation de 0, 36 point par an des cotisations jusqu’en 2030, on pouvait garantir les retraites à 60 ans pour tous et même financer le départ à 55 ans pour les salariés qui occupent des métiers pénibles, notamment dans le BTP.

Une telle augmentation est possible, mais c’est le gouvernement et le patronat qui bloquent toute mesure en ce sens. Ils bloquent aussi les salaires. Ils préfèrent accorder des primes (intéressements, participations, gratifications..) qui ne sont pas soumis aux cotisations sociales plutôt que d’augmenter les salaires. Une augmentation qui permettrait de renflouer les comptes de la sécu. C’est Eric Woerth qui le disait : le trou de la sécu, ce n’est pas une question de dépense ; mais de recette. Alors augmentez les salaires et cessez de donner sans contrepartie de l’argent public au patronat ! Et si vous ne voulez pas le faire -hypothèse la plus probable…-, laissez-nous la place, car, nous, nous le ferons !

Les contre-réformes de la droite n’ont pu atteindre leur but qu’en divisant les salariés. Alors que les salariés n’ont jamais été aussi nombreux et qu’ils représentent 93 % de la population active. Nous constituons une force numérique mais une force, hélas, trop souvent divisée. Pourtant, s’il y a bien une victime de ces réformes scélérates, c’est bien le salariat dans son ensemble, sans distinction et exemption.

La retraite n’est pas une question de pognon, mais de travail. Défendre la retraite à 60 ans pour tous, c’est défendre l’emploi des jeunes. Se battre contre le travail des seniors qui en ont assez de trimer, c’est se battre pour l’emploi des jeunes et pour le bien-être des vieux. Car travailler au-delà de 60 ans, c’est dangereux pour la santé. C’est peut-être bête, mais toutes les études scientifiques le prouvent…

Salariés, jeunes et moins jeunes, pour ne plus nous faire avoir, soyons unis, soyons solidaires et défendons ensemble la retraite à 60 ans. C’est notre droit le plus légitime. C’est une exigence juste et réalisable. A la gauche, comme sur l’imposition des indemnités des accidents de travail, comme contre la privatisation de La Poste, d’aider les salariés à construire leur unité ! Soyons unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous ! Cette fois-ci, ne laissons plus la division faire le jeu de notre adversaire.

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Retraites

Posté par section le 14 janvier 2010

76% des Français ne croient pas qu’ils toucheront une retraite satisfaisante
(AFP) ˆ Il y a 1 jour

PARIS ˜ Trois Français sur quatre (76%) ne croient pas qu’ils auront la garantie d’avoir plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus, selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du dimanche.

A la question « personnellement, concernant la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à vos revenus », 46% disent n’être « pas du tout confiants », et 30% « plutôt pas confiants », tandis que 24% ont au contraire confiance (dont 4% seulement totalement), précise le sondage.

Les Français âgés de 35 à 49 ans (86%) et ceux âgés de 25 à 34 ans (81%) sont les moins confiants, devant la tranche d’âge 18-25 ans (76%) et les 50-64 ans (71%). Les Français de plus de 65 ans ne sont plus que 59% à n’avoir pas confiance.

81% des actifs disent n’avoir pas confiance, tout comme 67% des inactifs.

Parmi les actifs (soit 54% de l’échantillon), les artisans et commerçants ont le moins confiance (89%, dont 56% qui n’ont « pas du tout » confiance), devant les professions intermédiaires (83%) et les ouvriers (83%, dont 62% qui n’ont « pas du tout » confiance), les employés (82%), et les cadres (69%).

Hommes et femmes sont pareillement peu confiants (75%), tout comme les salariés du public et du privé (81%). Les indépendants sans salariés et les employeurs sont encore moins confiants (84%).

Par ailleurs, parmi les actifs, 38% pensent que l’âge légal de départ à la retraite sera pour eux entre 65 et 69 ans, 30% pensent qu’ils seront contraints de partir entre 60 et 64 ans, et 24% à 70 ans ou plus. Seulement 8% pensent que ce sera avant 60 ans.

De même, 44% des actifs se disent prêts à travailler jusqu’à 60-64 ans pour avoir une bonne retraite, 33% jusqu’à 65-69 ans et 10% jusqu’à 70 ans et plus.

Enfin, s’ils avaient le choix, 41% des actifs préfèreraient « cotiser d’avantage pour partir à la retraite plus tôt », 34% souhaiteraient « travailler le plus longtemps possible pour se garantir une retraite suffisante », et 23% « partir le plus tôt possible quitte à avoir une retraite moindre ».

Par ailleurs, 40% des sondés estiment que le système des retraites « n’a pas vraiment fait l’objet de réformes » au cours des dernières années, et 40% qu’il « a fait l’objet de réformes qui allaient dans le mauvais sens ».

Seules 19% des personnes interrogées pensent qu’il a fait l’objet de réformes « qui allaient dans le bon sens ».

Sondage mené par téléphone du 7 au 8 janvier 2010, auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 522 actifs, selon la méthode des quotas.

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Travailler plus, c’est mortifère

Posté par section le 10 janvier 2010


Posté  par Gérard Filoche le 8 janvier 2010

Il y a plus d’un an, j’assistais à un CHSCT de France télécom dans le 2e arrondissement de Paris, rue Feydeau. Il y avait une trentaine de salariés présents, tous les syndicats, la direction, le médecin du travail. Il y avait deux cas de suicide, l’un ayant échoué, l’autre malheureusement “réussi”. L’homme, muté à maintes reprises depuis deux ans, a pété les plombs, est entré en colère contre une énième remarque de son chef de service, a quitté son poste, est rentré chez lui et s’y est pendu avec un câble France télécom. La réunion va durer plusieurs heures : le “chef” de France télécom, brutal, ne veut rien savoir, c’est un fait selon lui, distancié du travail, puisque le salarié est rentré “chez lui”, ça ne s’est pas passé dans le service… Je pousse à ce qu’il y ait une enquête prise en main par le CHSCT, qu’il y ait une “expertise”, qu’une commission soit créée pour faire un “rapport”. De toute ses forces, la hiérarchie s’y oppose. On nous fait croire que le salarié était accablé de problèmes personnels qui l’ont emporté. Mais chut, on ne peut pas dire lesquels. Il faudra une interruption de séance, en l’absence de la direction pour que deux cadres assistant au CHSCT, prennent la parole, en précisant qu’ils n’avaient pas pu le faire devant le chef : ils confirment, oui le salarié était dans le collimateur, oui, il était l’objet de vindicte, eux, là où ils sont, le savent, et ils le révèlent. Ensuite j’assistais à une journée d’étude nationale Sud-CGC sur le stress au travail : il y avait 450 présents, rue Charlot, à la Bourse à Paris. Croyez vous que la direction du travail s’est intéressée à cela ? Non, même mon directeur m’a reproché d’y être allé.

Devant ces suicides enfin révélés, Nicolas Demorand, le jeudi 8 octobre, demande à Darcos :  « Y a t’il obsolescence du droit du travail ?”. « Bien sûr » répond Darcos pourtant ministre du travail.

Bien sûr mais parce la droite et le Medef ont affaibli le Code du travail “recodifié” et ses usages toutes ces dernières années. Bien sûr que ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais les accidents cardiaques et vasculaires liés au travail. Bien sur que le karushi, le burn out, le stress, tuent. Voilà des années que 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail, c’est pour des heures supplémentaire impayées. Voilà des années que nous tirons le signal d’alarme sur les pratiques managériales liées à l’allongement épuisant des durées du travail.

Auparavant, on pouvait garantir les « éléments substantiels » (fonction, lieu) du contrat de travail, contre les changements arbitraires, c’est la loi quinquennale Balladur-Giraud qui, dés 1994 s’est attaquée à cela, inversant, au détriment des salariés, les moyens de l’employeur de l’imposer.

Auparavant les conventions entraient dans les détails des grilles de métiers, de salaires avec des niveaux, des coefficients, selon les qualifications. Ce sont les amis de Darcos qui ont laissé le patronat supprimer cela en laissant les conventions étendues sans ces indispensables chapitres, en passant le Code du travail à l’acide des exigences du Medef. C’est le directeur général du travail, JD Combrexelle, aujourd’hui envoyé en pompier à France télecom alors que c’est le même qui a été l’auteur de la catastrophique “recodification” technocratique, antidémocratique, du Code du travail du 1er février 2005 au 1er mai 2008.

En remplaçant la notion de “qualification” selon les diplômes et les carrières, par “l’employabilité”, en soumettant les salariés aux “objectifs” quantitatifs, chiffrés, on a livré des millions de salariés à l’usage “d’entretiens individualisés” par notations arbitraires où d’autres cadres biberonnés aux résultats qu’ils n’ont pas encore atteints, “saquent” des professionnels expérimentés, détruisent des humains “à la tête du client”, parce qu’il ne correspondent pas aux nouvelles normes DRH.

“Travailler plus pour gagner plus” n’est pas seulement un slogan mensonger, trompeur, démagogique puisque les salariés gagnent moins, sont poussés au chômage partiel, au Pôle emploi, au stress, à la dépression, au suicide, mais c’est un slogan mortifère. Il faut travailler moins pour travailler mieux et tous.

Gérard Filoche

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Contre la crise qui dure, il faut des mesures d’urgence sociale !

Posté par section le 10 janvier 2010


De nombreux « observateurs » nous ont dit qu’on sortait de la crise. Pourtant, une évidence commence à s’imposer : 2010 risque de voir le nombre de chômeurs s’accroître de manière dramatique.

Comme nous ne cessons de le répéter, la crise est loin d’être terminée et ses conséquences sociales non plus ! D’après une étude du cabinet Mercer, 24% des entreprises prévoient un gel des salaires en 2010, 14 % prévoient une baisse de leurs effectifs.

Raison de plus pour avancer des mesures d’urgence sur les salaires, les retraites, l’emploi.

Au lieu de cela, le gouvernement Sarkozy refuse tout coup de pouce au SMIC accompagnant les entreprises dans leur refus d’augmenter les salaires.

Au lieu de cela, Gouvernement et Medef annoncent une remise en cause de notre protection sociale (sécurité sociale et retraites).

Face au chômage il faut plus que jamais étendre la durée du travail à 35 heures à toutes et tous par semaine, et la réduire sur la durée de la vie avec le maintien de la retraite à 60 ans pour toutes et tous et plus tôt pour les métiers pénibles.

Face à la crise qui dure, il faut une relance par le pouvoir d’achat des salariés : un SMIC à 1600 euros et la progression de toutes les grilles à proportion.

Des mesures d’urgence sociale qui doivent s’accompagner d’un projet de ruptures avec les modèles économiques et sociaux héritées du libéralisme et que la crise écologique et l’avenir de la planète rendent chaque jour plus urgent.

Telles sont les tâches des socialistes et de toute la gauche. L’illustrer à l’occasion des régionales est le meilleur moyen de construire un projet mobilisateur et gagnant pour chasser Sarkozy le plus vite possible.

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Identité nationale: que doit dire la gauche

Posté par section le 22 novembre 2009


Pour les deux anciens ministres socialistes Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, la gauche ne doit pas déserter le débat. Même si la manœuvre est électoraliste.

Tout a été dit sur la grossièreté de la manœuvre : le moment choisi pour parler de ce sujet sérieux et complexe -à quelques mois d’élections difficiles pour la droite- ; la problématique -des thèmes sélectionnés pour plaire à l’électorat d’extrême droite- ; la méthode -une fausse consultation, ignorant le Parlement, à partir d’un questionnement faussé et tendancieux- ; son maître d’œuvre – un renégat socialiste, ancien pourfendeur du sarkozysme et de ses inquiétantes dérives… Bref, tout concourt à disqualifier l’opération, dont la finalité électoraliste ne fait aucun doute. La gauche a raison de ne pas se prêter au jeu politicien qui consiste à organiser des réunions dont le caractère superficiel et la finalité ne font aucun doute. Pour autant, elle ne doit pas se contenter de dénoncer la manœuvre, car elle peut la retourner contre ses auteurs, en requalifiant les enjeux et en refusant de se placer sur le terrain erroné et dangereux choisi par le « ministre de l’identité nationale et de l’immigration ». Héritière des conceptions universalistes et progressistes de notre histoire, elle doit répondre aux incertitudes nationales et démontrer que la politique du gouvernement est fondée sur l’exaltation des différences, la compétition entre groupes et communautés, le creusement des inégalités. La devise de la République, liberté, égalité, fraternité est vidée de sa force propulsive.

Une crise d’identité ? Plutôt un manque de perspective d’avenir

Nos concitoyens voient bien que cette opération est un dérivatif pour éviter le débat sur les sujets brûlants: le chômage, les difficultés sociales, la désindustrialisation, les inégalités croissantes, la fiscalité et l’endettement, la remise en cause des services publics, la montée de la violence… Ils veulent des solutions concrètes à leurs problèmes, mais ils s’inquiètent de l’avenir de leur pays et de leurs enfants,  ils regrettent la perte de cohésion de la société et l’affaiblissement de la transmission des valeurs républicaines -auxquelles ils adhèrent très majoritairement- et ils aspirent à un projet commun qui porte une vision d’avenir, une perspective de progrès.

Car ils savent que l’identité nationale -si ce concept a réellement un sens- est d’abord la construction d’un espace politique autour de principes partagés, qui évoluent au cours du temps en s’enrichissant et autour d’une langue commune. Quand ce pacte n’est plus explicite, quand les promesses de progrès s’éloignent et que se creuse un fossé entre les principes et la réalité, le pays connait un lourd malaise et, d’une certaine façon, une crise d’identité.

La mondialisation libérale et la politique de Sarkozy menacent plus l’identité nationale que l’immigration

    Expliquer ce malaise et cette crise à partir de la question de l’immigration est inacceptable et erroné. En réalité, c’est plutôt la mondialisation libérale qui tend à contester et à remettre en cause les principes républicains, fondateurs de notre identité nationale. Ceux-ci se sont forgés au cours de l’histoire, se développant et s’élargissant, souvent grâce à l’apport décisif de la gauche. Ces éléments majeurs du pacte républicain, qui constituent l’identité française aujourd’hui, s’appellent :
- la devise de la République: liberté, égalité, fraternité ;
- les droits de l’homme et du citoyen ;
- l’Etat, qui incarne l’intérêt général, garantit la cohésion nationale, prépare et garantit l’avenir du pays ;
- le peuple souverain, qui entend maitriser son destin ;
- la délibération collective, contre le pouvoir personnel ;
- le droit du sol;
- la laïcité ;
- l’école publique et l’attention au développement et aux droits de l’enfant
- la protection et la sécurité sociale ;
- les services publics, acteurs essentiels de l’égalité et garants des biens communs, en particulier des ressources naturelles
Qui ne voit que ces conceptions ont été mises à mal par la montée du libéralisme économique et la domination des conceptions anglo-saxonnes ?

Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs clairement annoncé, au cours de sa campagne présidentielle, qu’il fallait rompre avec le modèle social français. Il s’est fait depuis le chantre de ces thèses, en sapant d’autres piliers de cette identité ou en prétendant la rénover : remise en cause de la laïcité (discours de Latran, Loi Carle, accord Kouchner/Vatican …) ; discrimination positive (tentative d’inscrire dans la constitution la reconnaissance des diversités !) ; accroissement de la dérive monarchique du pouvoir ; utilisation fréquente de propos « provocateurs », qui mettent à mal la vision humaniste que devrait promouvoir le chef de l’Etat. La Présidence de Nicolas Sarkozy est donc bien une menace pour l’identité française.

L’identité de la France, c’est la République

    Plus largement, le problème vient surtout du fait que nos valeurs républicaines s’incarnent de moins en moins dans le réel et ne semblent plus orienter l’évolution de la société française. Comment convaincre que la devise inscrite sur nos frontons est notre ambition commune, quand les inégalités sociales s’accroissent, le racisme s’installe, la promotion sociale est stoppée, certains quartiers dérivent en ghettos, quand se développent les privilèges pour certains et se multiplient les handicaps pour les autres, quand l’héritage et la fortune transmise comptent plus que le travail et le talent de chacun, quand le mauvais exemple vient du haut et que la République est sans cesse convoquée pour imposer des contraintes, des limitations et de moins en moins  pour favoriser l’émancipation de tous ! Certains enragent, d’autres se résignent. Le pays est désorienté.

    Il est évident que l’intégration des populations immigrées est plus difficile, si le pays doute de lui-même, perd ses repères  et ne se donne pas les moyens de la réussir.

La France n’est ni un territoire unique, ni une nation ethnique

Le choix du terme « identité » est contestable, car il privilégie une vision intemporelle et statique de la nation : approche partagée par ceux qui nient l’apport permanent des immigrés à notre pays et ceux qui valorisent la référence à la terre « éternelle ». Tenter de rattacher cette identité à la terre est d’ailleurs assez cocasse. De quelle terre parle-t-on ? Celle de Philippe Auguste? De Louis XIV, qui lui ajouta quelques provinces étrangères comme l’Artois ou le Roussillon? De Napoléon Bonaparte, qui crut pouvoir l’étendre à toute l’Europe? Des colonies, de l’Algérie d’avant 1962?….Cela n’a pas de sens. La France n’a jamais été une réalité achevée, une donnée figée de la nature et de l’histoire. Ni territoire ni « esprit d’un peuple », la France est, comme l’a rappelé Fernand Braudel, un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges.


Géographiquement, la France hexagonale est un carrefour entre des mondes  – continental, océanique, méditerranéen-, fait de centaines de micro-milieux, d’une mosaïque de paysages marqués par l’homme, lui-même contraint par la diversité des milieux. Il n’existe pas une France naturelle, mais des France géographiquement différentes. C’est encore plus vrai aujourd’hui, avec l’apport de l’outre mer.
La réalité démographique et ethnologique est, elle aussi, complexe et artificielle, faisant cohabiter les trois principaux mondes de l’Europe occidentale: germanique, celte et méditerranéen. La population française est – sur notre continent – celle qui a le plus précocement et le plus complètement brassé les ethnies.

    Le pacte républicain est devenu le fondement déterminant de notre destin commun et le socle de l’unité de notre nation. C’est le 14 juillet 1790, au Champ de Mars, à Paris, que les représentants des provinces décidèrent de créer ce que Renan définissait comme « cette grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, qui crée une conscience morale qui s’appelle une nation ».

La gauche a une responsabilité historique

La France naît à chaque instant d’un contrat collectif et d’un combat permanent qui, s’il s’interrompait, ferait tout s’écrouler. Peut être cette «  fragilité » apparente inquiète-t-elle nos concitoyens, surtout lorsque personne n’éclaire plus l’avenir. Là est la tâche de la gauche. Elle a imposé l’égalité dans notre devise, alors que la droite l’a toujours contestée, en tentant, récemment encore, de lui substituer l’équité. Elle a promu la fraternité, en alliant reconnaissance des droits individuels, des droits fondamentaux avec l’indispensable solidarité, la mutualisation des risques, le brassage social. Elle a porté en permanence l’élargissement de l’idéal républicain à l’ensemble des champs de la vie collective et singulièrement dans l’économie et le social.

Elle a toujours occupé une place déterminante dans les combats pour la liberté, dont certains reprennent, hélas, une singulière acuité, comme celui pour la laïcité, l’humanisme ou le développement des libertés publiques. Quant à l’internationalisme, c’est un des grands apports de la gauche, qui n’a jamais confondu la nation et le nationalisme, l’amour de la patrie et le repli sur soi ou le rejet des autres. Elle sait que, lorsque le nationalisme s’installe dans notre pays, il s’affaiblit, il recule et les problèmes intérieurs, les difficultés sociales s’accroissent. Elle sait aussi que la citoyenneté française n’exclut en rien la revendication de participer à une citoyenneté européenne et même l’espérance d’une citoyenneté mondiale.

L’épopée républicaine de notre pays n’est pas achevée. Elle constitue toujours un moteur  puissant pour nos concitoyens et elle conserve une force d’attraction indéniable dans le monde. On le voit bien, la crise et les bouleversements actuels requalifient  le modèle français, que le cycle ultralibéral a tant malmené. Y a- t- il dans notre pays une volonté politique suffisante pour engager cette reconquête ? Aurons-nous l’audace et le courage d’affronter le grand défi de l’égalité ?  Sans progrès vers l’égalité, le doute prendra le pas sur l’espoir. La gauche a, là, une responsabilité majeure et doit porter cette vision mobilisatrice de l’avenir. L’identité nationale a moins besoin de débat que d’action.

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Dix raisons de Choisir 4 Slogans chiffés

Posté par section le 22 novembre 2009

35, 60, 1600, 20 :

       1 – Pour convaincre 23 millions de salariés dont 17 du privé, il faut centrer sur le code du travail, les droits immédiats liés aux salaires et à la protection sociale. Lionel Jospin avait gagné en 1997 en osant « les 35 h sans perte de salaire » : alors qu’en 1995 il défendait les 37 h, avec des nuances sur les bas et hauts salaires, il y était allé franco et clairement, dès le 27 avril 1997, jour de la dissolution. Il faut toujours au moins un mot d’ordre phare, central, social pour gagner.

       2 – Un « projet », ça ne peut pas être une succession de grandes promesses et de grandes intentions. Échaudé l’électorat de gauche est devenu, à juste titre, méfiant. Les grandes phrases et les envolées lyriques contre la droite, contre le capital financier, pour « nos valeurs, pour la justice » ne sauraient remplacer des propositions concrètes. Offrir une « politique de civilisation » ne peut suffire. Même l’appel à une VIe République sociale (qui serait préférable à nos yeux) ne parviendrait pas à convaincre si on n’y ajoute pas du concret immédiat, saisissable, palpable qui change les conditions de la vie pour des dizaines de millions de gens.

       3 – Un projet « sociétal » ne vaut pas un « projet social ». Bien sûr, il faut les deux. Bien sûr, il faut mettre au coeur d’un projet l’école, et l’environnement, la recherche, ont une place décisive dans tout projet. Mais pour bien aller à l’école, pour sauver un bon environnement, pour se tourner vers les technologies d’avenir, il faut « des sous dans le porte-monnaie ».

      4 – Redistribuer les richesses, c’est la condition première de la relance. Il ne faut pas, contrairement à ce que prônent nos sociaux libéraux, relancer l’économie d’abord pour redistribuer les richesses ensuite. Il faut donner 200 milliards aux salariés, pas aux banques : donner de l’argent aux banques c’est arroser le sable et les bonus : on le vit. Les banqueroutiers demeurés incontrôlés rejouent au casino sans pour autant faciliter le crédit et l’investissement. Tandis qu’avec une hausse massive des salaires, ceux qui en bénéficieront dépenseront et cela stimulera relance et emploi.

      5 – Le combat pour l’environnement ne peut pas non plus précéder ni remplacer la redistribution des richesses, il en est un effet, un accompagnement, une partie prenante. Pour sauver la banquise, il faut lutter contre les banquiers. La poll tax doit viser Total et pas les ménages. Les changements institutionnels (VIe République parlementaire, constituante, suppression du cumul des mandats, proportionnelle, etc…) sont vitaux mais pas assez mobilisateurs, il faut d’abord conquérir une majorité sur des objectifs sociaux de masse.

       6 – Les hausses massives de salaires sont le meilleur, le plus simple, le plus direct des moyens de redistribution entre capital et travail. Augmenter les salaires, c’est renflouer du même coup les caisses de protection sociale, la sécu et les retraites ! La CGT réclame 1600 euros pour le Smic. Ce serait une hausse plus basse que celle de mai 68 (elle fut de 33% et cela porterait le Smic à 1750 euros aujourd’hui). Elle est possible et toutes les entreprises s’en porteraient mieux, comme en 68, contrairement à ce qui est colporté. La hausse du Smic boostera tous les autres salaires, équivalant à des hausses de 200 euros pour toutes et tous.

       7 – La réduction du temps de travail est incontournable pour lutter contre le chômage de masse et 2000 chômeurs de plus par jour. Contre le travail partiel appauvrissant, il faut maintenir les salaires et faire respecter les 35 h hebdomadaires, rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche, baisser les durées maxima quotidiennes et hebdomadaires, rétablir deux jours de repos consécutifs. Oui, on peut, on doit travailler moins, mieux et tous !

       8 – Il faut donner la priorité à l’emploi des jeunes et pas à celui des « seniors ». Les salariés continuent dans la vie réelle à ne travailler que 37 annuités : 2 sur 3 ne sont plus au travail à 57 ans. Rétablissons le plein emploi pour les jeunes et pour les adultes et si l’emploi réel progresse jusqu’à 58 ans, 59 ans, la retraite à 60 ans pourra se défendre avec un niveau décent, calculé sur les 10 meilleures années, à un taux de 75% pour tous indexé sur les salaires. C’est avec une échelle mobile des cotisations salariales et patronales qu’il faudra jouer pour faire face à des difficultés éventuelles dûes à la hausse du nombre de retraités.

       9 – Il faut répondre à la franche haine sociale que suscite la crise sans précédent, financière, boursière, spéculative que le capitalisme vient de produire. Les parachutes dorés, les retraites chapeaux, les stocks options, les bonus de toutes sortes sont insupportables de même que la fraude fiscale, les niches fiscales (72 milliards), les fortunes odieuses des 500 familles, les profits massifs du CAC 40 qui licencie quand même : il faut un message fort et clair, pas de revenus supérieurs à 20 fois le Smic, au-dessus, l’impôt prend tout. La fiscalité directe et progressive (l’impôt juste, IS, IR…) doit l’emporter sur la fiscalité indirecte et proportionnelle (l’impôt injuste, TVA, taxes…).

       10 – Avec le projet « 35, 60, 1600, 20 », la défense des services publics nous amènera tous ceux qui souffrent des reculs de l’école, de l’hôpital, du logement, des transports, des communications, des équipements publics. Il faut, selon nous, rétablir le projet d’une « économie mixte » où les lois de la République l’emportent sur celles du marché, où la réglementation l’emporte sur la prétendue concurrence libre et non faussée, où le juste échange l’emporte sur le prétendu « libre-échange », où le droit du travail s’impose aux actionnaires. Le service public doit être renforcé et étendu, dans tous les domaines de l’eau, de l’énergie, des transports, des logements, de l’éducation, de la santé, de l’environnement, de la communication.

C’est ainsi que nous gagnerons la confiance des 7 millions de travailleurs pauvres, la confiance des 23 millions de salariés, soit 91 % de la population active. Et alors, on aura le ban et l’arrière ban de l’électorat de Gauche, on gagnera à coup sur les élections présidentielles et législatives.

Une union de toute la Gauche dynamique se construira plus aisèment dès qu’on aura un tel projet et les questions d’alliance avec le Modem deviendront non seulement caduques mais aussi apparaîtront vaines, perdantes, risibles.

 

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Liquidation des biens publics

Posté par section le 19 octobre 2009

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A l’ère du néolibéralisme la liquidation des

Biens Publics en France

En France la liquidation des biens publics se poursuit depuis une trentaine d’années dans la ligne de la mondialisation capitaliste et de la globalisation financière.

La liquidation est mondiale : privatisations massives imposées aux pays du Tiers-Monde par le F.M.I, mainmise sur les anciens pays de l’Est, bradage des biens publics en France.

L’EXEMPLE Français :

De 1933 à 1982 : période de constitution du Bien Public en – – France

– 1933 : Air France ;

-         1937 : SNCF ;

-         1944-45 : Charbonnages de France ;

-         1945 : Renault, Banque de France, BNCI, CNEP, Crédit Lyonnais, Société Générale ;

-         1946 : assurances, création d’EDF-GDF, AFP, Compagnie Générale Transatlantique

-         Fin 1980, le secteur public productif comprend les 32 groupes :

  • Industrie : Aquitaine chimie, Bureau de recherches géologiques et minières, Charbonnages de France, Commissariat à l’énergie atomique, Compagnie française des pétroles, EDF, GDF,
  • Entreprise minière et chimique, Entreprise recherche activité pétrolière, Institut de développement industriel, Renault, Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation, Société nationale industrielle aérospatiale, Société nationale des poudres et explosifs,
  • Transports, communications : Agence Havas, Air France, Compagnie française des câbles sous-marins et de radio, Compagnie générale maritime et financière, RATP, SNCF, Société nationale des entreprise de presse, Société nouvelle de radiodiffusion, Télédiffusion de France,
  • Banques et assurances : Banque nationale de Paris, Caisse des dépôts et consignations, Caisse nationale des marchés de l’Etat, Centrale assurances générales de France, Crédit Lyonnais, Société centrale du GAN, Société centrale-Union des assurances de Paris, Société financière pour le développement des équipements collectifs, Société générale.

En 1981-1982 : les effectifs des groupes du secteur public, hors Seita et PTT, représentent 1 763 000 salariés (contre 1 088 000 en 1980) soit 16% des salariés et 40% des immobilisations des sociétés soumises à l’imposition sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux.

Avec les nationalisations, 14 groupes s’ajoutent aux précédents :

-         Industrie : Alsthom-Atlantique, Compagnie des machines Bull, Compagnie générale d’électricité, Saint Gobain Pont-à-Mousson, Thomson Brandt, Usinor, Péchiney Ugine Kuhlmann, Rhône-Poulenc, Sacilor),

-         Banques et assurances : Banque industrielle et immobilière privée, Compagnie financière de Suez, Crédit chimique, Crédit commercial de France, Financière de Paris et des Pays-Bas.

-         Il convient d’ajouter 6 groupes où les participations publiques deviennent majoritaires :

  • Industrie : ITT- Société de produits industriels, Matra, Roussel Uclaf, Société centrale d’étude Marcel Dassault,
  • Banques : Banque Rothschild, Banque Worms.

De 1986 à 2006 : L’ère des dénationalisations  totales ou partielles :


En 1986-88 : gouvernement Chirac 13 milliards d’euros :

-         Industrie : Saint Gobain, Compagnie générale de constructions téléphoniques, Matra,

-         communications : Agence Havas, TF1, Sud radio,

-         Banques et assurances : Mutuelle générale française accidents, Mutuelle générale française vie, Banque du bâtiment et des travaux publics, Banque industrielle et immobilière privée, Société générale, Compagnie financière du crédit commercial de France, Compagnie financière de Paribas, Compagnie financière de Suez.

En 1992 : gouvernement Bérégovoy : Industrie Total,


En 1993-97 : (gouvernements Balladur et Juppé : 26,4 milliards d’euros

-         Industrie : Elf, Rhône-Poulenc, Seita, Usinor, Péchiney, Renault, Bull),

-         Banques et assurances : BNP, BFCE, UAP, AGF

En 1997-2002 : gouvernement Jospin : 50 milliards d’euros

-         Industrie : Thomson, Aérospatiale, EADS, Renault ;

-         Communications : France-Telecom, Air France, Autoroutes du Sud de la France, SMC, RMC, SFP, TDF,

-         Banques et assurances : CIC, Crédit Lyonnais, Banque Hervet, CNP, GAN,


En 2002-2006 : gouvernement Raffarin puis De Villepin : de l’ordre de 100 milliards d’euros :

-         Industrie : EDF-GDF, Snecma, GIAT Industries, Areva, Direction des Chantiers Navals, Arsenaux,

-         Transports et communications (France Telecom, SNCM, ASF, Aéroports de Paris, Air France,

-         Banques et assurances : Caisse centrale de réassurance.

Cette liste ne prend pas en compte les opérations en cours qui sont souvent le prélude à la privatisation :

-         à la SNCF,

-         à la RATP,

-         à La Poste,

-         à la Banque de France,

-         à la Caisse des Dépôts et Consignations

En 2007, il ne reste plus rien du secteur public industriel.

Le secteur public social en voie de destruction massive :

-         Le patrimoine administratif : terrains, infrastructures, immeubles, monuments historiques – soit 1100 milliards d’euros -  est en cours de vente,

-         En 2004  commence la vente :

  • la vente du patrimoine des Hôpitaux de Paris – hôpital Laennec, classé monument historique, et hôpital Boucicaut,
  • la vente des immeubles du Quai d’Orsay à des fonds de pensions américains,
  • l’immeuble de l’Imprimerie nationale, elle-même en cours de démantèlement, est vendu en 2004 à la société américaine Carlyle,
  • Une agence est créée : l’Agence des propriétés immobilières de l’Etat à statut d’E.P.I.C ; elle acquiert les biens, les reloue à l’Etat (sic) avant la revente à des investisseurs privés.

Le patrimoine historique se délabre entre « décentralisation » et musées que l’on détruit : Musée de l’Homme, Musée national des arts africains et océaniens, Musée des arts et traditions populaires, et que l’on vide.

La protection sociale : – assurance maladie, accidents du travail, retraites -  est démantelée au profit de l’épargne individuelle et des assurances privées. Le chômage devient également source de profits substantiels pour le privé.

-  l’ANPE perd le monopole du placement ouvert aux agences privées. Il s’agit des sociétés d’intérim, notamment, qui obtiennent des ASSEDIC de mirobolants contrats de « promesses de placement »

Les biens d’usage collectif :

sites, espace public, eau, écosystèmes, subissent dégâts et privatisation :

-         destruction de bâtiments et de quartiers historiques,

-         bétonnage des côtes : le déjà faible budget du Conservatoire du littoral a été divisé par trois en 20 ans,

-         défigurations des paysages,

-         multiplication des autoroutes et autres voies de « contournement »,

-         mainmise sur l’eau par les entreprises privées,

-         baisse du financement et privatisation en cours de l’archéologie préventive depuis 2004 : les entreprises privées effectuent les fouilles,

-         pollution de l’air et du sous-sol,

-         augmentation des risques majeurs du nucléaire civil par l’introduction en Bourse en 2004 de 35% du capital d’Areva – ex COGEMA et Framatome -  Sarkozy était alors Ministre de l’Economie.

COMMENT FAIT-ON ?

-         corruption des responsables politiques et administratifs et impunité,

-         modifification de la législation :  le décret du 23/12/98 permet au musée du quai Branly, dit des « arts premiers » de vendre ses collections,

-         la loi du 11/12/2001 permet la cession des biens immobiliers de l’Etat au privé. Le ministre de l’économie, Sarkozy l’ami des patrons, accentue, par ordonnance du 19/08/2004 le mouvement qui permet la vente au privé des immeubles de bureaux sans avoir à respecter la procédure de déclassement.

  • Cession à prix bradés,
  • abandon de créances,
  • frais fictifs,
  • tout cela est possible ! Les infractions sont légion : abus de biens sociaux, pots-de-vin, faux-bilans.
  • Les responsables impunis, sont souvent récompensés  par des parachutes dorés, indemnités et des retraites douillettes.

-         Les privatisations sont précédées, quand elles risquent d’être impopulaires, par le laisser aller voire le creusement volontaire des dettes de groupes qu’on laisse comme dans le privé faire des investissements aventureux et/ou délictueux : Crédit Lyonnais, EDF, France Telecom..).

-         Quand ça ne suffit pas, le gouvernement s’abrite derrière les directives européennes :

  • « libéralisation » du fret ferroviaire,
  • des marchés publics de l’eau, des transports, des télécommunications, de l’énergie, des services portuaires,
  • Mais ces directives sur lesquelles il verse des larmes de crocodile, il LES A ADOPTEES !!!!
  • Et l’O.C.D.E fournit les modes d’emploi !

-         La sous-évaluation des biens publics livrés aux copains et aux coquins est systématique,

  • en surestimant l’endettement par exemple
  • Pour EDF : en 2005, 20% des actions GDF ont été vendues 4,5 milliards d’euros pour une valeur de 6 milliards,
  • le GAN a été vendu à un tiers de sa valeur,
  • ASF a été vendue à 49% par Jospin en 2002 pour 1,8 milliards d’euros alors que ces autoroutes étaient estimées à 6,3 milliards,
  • Total bradé pour quelques milliards d’euros par Bérégovoy vaut aujourd’hui 125 milliards d’euros,
  • La vente des 1300 appartements de la Banque de France est réalisée en bloc et non à la découpe…gros profits en vue pour les repreneurs,
  • la Snecma est bradée en 2004 à General Electric,
  • la SNCM renflouée par l’Etat est vendue pour une bouchée de pain à la Connex – filiale de Vivendi- et à un fonds de pension contrôlé par un ami du premier ministre De Villepin

-        Les techniques utilisées :

  • la vente totale ou partielle des entreprises publiques,
  • le démantèlement par filialisation avant vente des filiales les plus rentables,
  • le recours massif à la sous-traitance (informatique, communications, distribution, transports, maintenance, nettoyage, restauration…) et à la délocalisation.
  • Pour mieux vous entuber, on appellera ça « externalisations »
    • On peut vendre les murs pour les louer ensuite : c’est le cas à France-Telecom désormais locataire de 95% de ses surfaces, à la SNCF (gares), et dans les hôpitaux !
    • On peut aussi vendre les véhicules de transport pour les louer après : La Poste (60000 véhicules), France-Telecom (48000 véhicules), EDF (50000 véhicules, SNCF (13000 véhicules), et aussi Bercy, les collectivités locales, les HLM…tout cela au profit d’une société de location comme Leaseplan, filiale de la banque ABN AMRO qui achète à prix réduit et loue à prix maximum. ABN AMRO a été acquis par un consortium de trois banques – Fortis, RBS et Santander – en octobre 2007. Le 3 octobre 2008, l’Etat néerlandais rachetait les intérêts d’ABN AMRO détenus par Fortis, remplaçant Fortis au sein du holding RFS et prenant la direction des activités d’ABN AMRO
    • la technique de l’asphyxie budgétaire qui conduit la recherche publique à se soumettre aux demandes des groupes privés en échange de financement. On vous concocte de jolis OGM !

QUI SONT LES PREDATEURS ?

Ces requins qui tapent gaiement dans les bancs de menus fretin que nous sommes sont :

-         Pour l’essentiel de grandes sociétés multinationales :

  • celles qui ont leur siège en France : Vivendi, Lyonnaise des eaux, Bouygues, Bolloré, Total, Lagardère, Dassault, Crédit agricole, Carrefour,
  • de grands groupes financiers multinationaux. En 2004 les fonds spéculatifs d’investissement – les actifs sous gestion de fonds d’investissement – représentaient 6200 milliards d’euros aux E.U et 4000 milliards en Europe.
  • les fonds de pension (actionnaires dans 3600 entreprises françaises pour 8% du PIB et 1000000 de salariés).
  • Les Hedge Funds et les Fonds Souverains asiatiques et du Golfe.

En comptant tous les actionnaires, concentrés à 90% en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, on compte selon l’orfèvre Jean Peyrelevade « environ trois cent millions de personnes, femmes et enfants compris » soit 5% de la population mondiale sous domination financière.

Au sein des actionnaires, on peut différencier :

-         les « vraiment riches » qui ont au moins un million de dollars en actifs financiers), très peu nombreux. Ils concentrent la richesse :  dix à douze millions d’individus (0,2%de la population mondiale) contrôlent la moitié de la capitalisation boursière de la planète et, vraisemblablement, une proportion à peine plus faible du patrimoine marchand de l’humanité.

-         à l’intérieur des « vraiment riches », une toute petite fraction, les « ultra-riches », 77 000 ménages (0,0025%de la population mondiale) détiennent environ 15% de la richesse mondiale.

Rappelons, pour conclure, que les P.D.G. gagnent en moyenne 500 fois le salaire moyen des ouvriers aux Etats-Unis (contre 44 fois en 1965) et en France 200 à 400 fois le SMIC pour les P-D.G des sociétés du CAC 40

Si vous voyez un logique à finalité humaine dans ce monde, faites nous signe.

Plus que jamais un autre monde est possible,

un autre monde est nécessaire

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