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La retraite à soixante ans, un précieux acquis de civilisation

Posté par section le 29 janvier 2010

par Jean-François Claudon, Julien Guérin, Simon Thouzeau, Représentants jeunes de Démocratie et Socialisme (www.democratie-socialisme.org )

Toute la gauche est attendue au tournant sur la question des retraites. Les grandes grèves de 1995 et 2003 ont prouvé que les salariés sont attachés au système solidaire de retraite par répartition. Mis en place à la Libération dans une France en ruine, héritage du programme du Conseil national de la Résistance, ce modèle a permis aux retraités de sortir de la misère. Les coups portés par Balladur en 1993 et Fillon en 2003 furent autant de pas en avant vers un régime concurrentiel avec des retraites placées au grand casino de la finance mondiale. Sarkozy, l’associé du Medef, souhaite repousser l’âge de départ en retraite au-delà de soixante ans. Toute la gauche politique, associative et syndicale devrait être rassemblée pour défendre l’une des plus grandes conquêtes sociales issues de la victoire de mai 1981. Des millions de salariés épuisés par une vie de labeur ont pu ainsi bénéficier de cinq années supplémentaires pour voyager, se cultiver, profiter de leurs petits-enfants, bref jouir pleinement de la vie. Mitterrand avait raison quand il disait que la retraite à soixante ans avait « ajouté de la vie aux années » ! Cette mesure, mise en place il y a vingt-neuf ans, serait-elle devenue un luxe dans une France deux fois plus riche qu’à l’époque ? On n’ose y croire !
« Vont-ils bazarder la retraite à soixante ans ? », comme le titrait l’Humanité du 20 janvier ? On espère que non. Mais il est sûr que nous serons des millions à la défendre ! Cet acquis de civilisation a permis d’élever l’espérance de vie et d’assurer des pensions décentes à tous les travailleurs. On voudrait nous faire croire que l’urgence est de travailler plus longtemps même si, dans la réalité, l’âge de départ moyen est de cinquante-huit ans. En France, deux salariés sur trois ne travaillent plus à soixante ans et la durée moyenne de cotisation n’a jamais dépassé trente-sept annuités ! Et si un salarié sur trois est contraint de dépasser les soixante ans, c’est pour éviter un niveau de retraite trop bas. Les grandes entreprises jettent les salariés de plus de cinquante-cinq ans comme des Kleenex, alors que, par le travail de toute une vie, ils ont créé des richesses, de plus en plus accaparées par les profits. Les jeunes n’ont pas à payer demain les choix faits aujourd’hui en leur nom. Maintenir des salariés qui sont en activité depuis si longtemps et qui légitimement aspirent à la retraite, c’est autant d’emplois en moins pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Des salariés fatigués d’un côté, des jeunes chômeurs de l’autre : on marche sur la tête. Un emploi stable est une condition essentielle pour permettre à chaque jeune de construire sa vie et de mener à bien ses projets.
Il semble que ce soit une phrase mal bâtie qui ait fait croire que le Parti socialiste allait accepter la remise en cause de ce droit fondamental à la retraite à soixante ans. Ce serait un mauvais coup pour toute la gauche. En 2008, le PS a affirmé unanimement « lutter pour la préservation de l’accès à la retraite à soixante ans, conquête sociale majeure ». De même, les Jeunes Socialistes ont choisi de défendre « le système de protection sociale, notamment le système de retraite par répartition avec un âge de départ à soixante ans » lors de leur dernier congrès. A ce jour, aucune décision collective n’est venue remettre en cause cette position. Pour pérenniser ce système, des solutions existent : augmenter les recettes des caisses de Sécu en menant une lutte acharnée contre le chômage, rapprocher les durées réelles du travail de la durée légale à trente-cinq heures, augmenter les salaires, moduler les cotisations sociales salariales et patronales et récupérer les 65 milliards d’euros cachés dans les niches fiscales. Le but doit être de garantir des retraites à 75 % de reversement, aucune n’étant inférieure au smic. En un mot, il faut d’abord redistribuer les richesses. Du capital vers le travail.

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Tous unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous !

Posté par section le 14 janvier 2010



Par Tuncay Cilgi (responsable MJS-64 Pau)

La droite n’aime pas la retraite par répartition. Elle n’aime pas non plus son mode de financement basé sur les salaires, à savoir les cotisations sociales, qu’elle considère au même titre que le patronat comme une « charge », qu’il faudrait alléger. Pourtant c’est le système le plus efficace, le plus sûr et le plus pérenne. S’il en fallait encore une preuve, la crise actuelle constituerait la plus éclatante, car ce n’est pas moins de 10 millions d’Américains, qui pensaient préparer leur retraite par la capitalisation, ont tout perdu quand la bulle financière a éclaté et a englouti les milliards de liquidités qu’ils s’étaient résolus à jouer en bourse !

La droite n’en est pas à sa première contre-réforme -loin s’en faut- pour affaiblir le système par répartition et, par-là même, dissuader les salariés d’opter pour la retraite par capitalisation. Déjà la loi Boulin du 31 décembre 1971 prévoyait le passage de 120 (30 ans) à 150 trimestres (37, 5 ans) de la période d’assurance ouvrant droit à une pension à taux plein, sur la base désormais des 10 meilleures (et non plus dernières) années de salaires.

Vingt-deux ans après la loi Boulin, la droite revient à la charge avec l’ordonnance Balladur de 1993. Une réforme des retraites qui a fait mal aux salariés du privé, et pour longtemps. Elle prévoyait d’allonger la durée de cotisations de 37, 5 (150 trimestres) à 40 annuités (160 trimestres) pour prétendre à une pension à taux plein. Dorénavant, le calcul de la pension des salariés du privé est basé sur les 25 meilleures années et non plus les 10. De surcroît, sa revalorisation est indexée sur l’inflation, et non plus sur les gains de productivité. Il en résultera une diminution des pensions de 26 % à l’échéance 2020. Il n’y a pas photo, quant au caractère régressif et antisocial de la réforme.

Et ce n’est pas fini, puisque qu’en 2003, après avoir laissé mûrir l’opposition entre salariés du privé et public, la réforme Fillon s’en prend cette fois-ci à la fonction publique, bastion de résistance sociale que le plan Juppé n’avait pas réussi à faire vaciller en 1995. Mais, si cette énième réforme voulait bel et bien s’en prendre à la citadelle syndicale que constituait le public,  elle n’en égratignait pas moins le privé au passage. En effet, la « réforme »  prévoit d’augmenter la durée de cotisations de la fonction publique à 40 annuités, contre 37,5 avant 2003, pour une pension à taux plein. La réforme insère également un système de surcote et de décote. Les personnes qui n’ont pas le nombre de trimestres suffisant à l’âge de la prise de la retraite subissent une décote de leur pension ou sont invités à racheter des trimestres manquants. Celles qui ont le nombre de trimestres supérieurs aux 160 trimestres légaux se voit quant à eux appliquer une surcote, mais pour les seuls trimestres au-delà des 160 trimestres. La nouveauté amère et lâche, c’est que ce système est appliqué au privé comme au public.

Et ce n’est pas l’élection de Bling-bling qui a arrêté l’hémorragie. Bien au contraire. Dès sa prise de fonction, en quête d’un mouvement social à briser afin de manifester aux yeux de la bourgeoisie sa volonté de « rupture », il s’attaque aux régimes de retraites dit « spéciaux ». Toujours en se servant de l’opposition des salariés du public et du privé et de la désunion syndicale, il  décide unilatéralement d’aligner la durée de cotisations de certaines catégories de salariés du public (RATP, SNCF, EDF GDF…), qui étaient à 37, 5 annuités, sur celle des autres salariés, à 40 annuités. Pourtant les salariés, dits du régime « spécial », perçoivent une part importante de leur salaire en prime, part qui n’est pas prise en compte dans le calcul de leur pension future. De plus, les salariés du régime général cotisent 10 % de leur salaire pour leur retraite, alors que les salariés du régime « spécial » cotisent 26 %. Mais ni les médias télévisuels, ni les journaux -hormis certains journaux honnêtes comme L’Humanité-, n’ont dit aux citoyens ces vérités. Cela prouve encore une fois qu’ils sont aux ordres d’une oligarchie qui veut détruire tous ce que les salariés ont conquis comme droit légitime depuis deux siècles.

Pour donner une illustration de leur détermination, voici la question qu’a posé Jean-Louis Debré (alors président UMP de l’Assemblée Nationale) à François Fillon : « Pourquoi lorsqu’il était ministre, n’a-t-il pas fait une réforme des régimes spéciaux ? » La réponse est simple mais cinglante : ilfallait diviser le salariat pour pouvoir l’affronter sur un sujet aussi sensible que les retraites. Horace, seul face aux trois Curiaces, avait lui aussi choisi d’attaquer l’un après l’autre ses adversaires. Le secteur privé, la fonction publique et les régimes spéciaux : la droite française est cornélienne, puisqu’elle a toujours cherché à diviser notre camp pour régler son compte à des secteurs partiels du salariat. De la part de l’actuelle Premier min istre, les choses sont dites clairement : diviser les salariés pour mieux imposer.

Mais la réforme Fillon de 2003 est beaucoup plus sournoise qu’on pourrait le penser de prime abord. L’article 5 de la réforme prévoit d’ajuster (entendez « augmenter ») la durée de cotisations si la situation des comptes de retraites venait à se détériorer. Une contre-réforme aura donc bien lieu et ce sera en 2010 après les régionales. Comme par hasard après les régionales… Non, plutôt par tactique politique. Car si nous avons gagné 22 régions métropolitaines sur 24 en 2004, c’est avant tout parce que le mécontentement suscité par la réforme Fillon de 2003 avait poussé les électeurs, pour une grande partie, à voter pour nous. La droite le sait, s’en souvient et ne veut pas reproduire la même erreur.

La détérioration des comptes de la sécurité sociale en général, et des régimes de retraite en particulier, est le produit d’une volonté politique délibérée. Leur but est bel et bien de remettre en cause la sécurité sociale et la retraite par répartition instituées par le Conseil Nationale de la Résistance en 1945. Il n’est donc pas étonnant que la  droite défende en 2010 une énième-contre réforme, car le boulot est encore loin d’être fait totalement… Et pour couronner l’édifice de régression sociale construit patiemment par la droite, le gouvernement s’est empressé de donner un délai aux entreprises pour négocier des accords visant à garder plus longtemps les seniors. En cas de non-accord, les entreprises se verront assujetties à une taxe de 1 % de la masse salariale. Il s’agit bel et bien d’une mesure visant à priver les jeunes d’emploi alors que le chômage est endémique dans cette classe d’âge. Une droite qui fonctionne à contre courant sinon qu’elle marche sur la tête ou bien sur l’avenir des jeunes.

Face à une droite qui mène sans vergogne, depuis un demi-siècle, un combat sans merci, de contre-réformes en contre-réformes, contre notre système de sécurité sociale, il faut dire clairement que des solutions existent pour le maintenir et même le renforcer. Nous sommes largement en capacité de pérenniser la retraite par répartition et défendre la retraite à 60 ans instituée par la gauche en 1982 !

Toutes les contre-réformes de la droite ont été menées sur l’autel de postulats purement fantaisistes, faux, manipulés et déformés. Le trou de la sécu par exemple, c’est une volonté politique délibérée. En effet, l’Etat consent chaque année 60 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales, sans contrepartie, qui vont dans les poches du patronat. En dépit de ces cadeaux, il n’y a eu aucune amélioration de la situation de l’emploi. Et cela dure depuis plus de 25 ans !

La droite s’appuie sur le vieillissement de la population et le rapport Charpin pour justifier ses contre-réformes. Mais ce que la bande du Fouquet’s oublie de dire, c’est que ce rapport, rédigé et publié en 96-97, prévoyait 250 000 naissances entre 1999 et 2000. Manque de bol, ce sont 850 000 bambins qui ont vu le jour, soit trois fois plus ! Et depuis 2009, la France est championne d’Europe des naissances devant l’Irlande. En outre, ce rapport décidément ubuesque n’a pas pris en compte dans ces calculs l’augmentation du PNB années après années. Ce n’est pas comme si, en 30 ans, il avait plus que doublé…

Voilà le fond du problème. Vouloir augmenter la durée de cotisations et chercher coûte que coûte à l’allonger à 41, voire 42 annuités, est complètement contraire à la réalité. Deux personnes sur trois ne sont plus au travail après 40 ans de boulot. En France, la durée moyenne de cotisations est de 37, 5 annuités, quand l’âge moyen de prise de la retraite est de 57 ans contre 58 en Europe. Si l’on ajoute aux coups de boutoir de la droite la précarisation des emplois (enchaînement des CDD, recours à l’intérim…) imposée par le patronat depuis trente ans, il devient clair que la sécu ne sera pas mieux financée, mais que le montant des pensions sera, lui, nécessairement amené à baisser. C’est bien là l’objectif des contre-réformes de la droite. Elle ne veut pas « sauver » le système, mais bien le couler ! Elle cherche à décrédibiliser aux yeux des salariés le système par répartition afin qu’ils optent en masse pour la retraite par capitalisation, dont on a pourtant vu la fragilité, et même l’insécurité consubstantielle en période de crise. Chaque recul de la retraite par répartition, ce sont les banques et assureurs privés qui en profitent.

Pourtant, le COR (Conseil d’orientation des retraites), institué par le gouvernement de la gauche plurielle, a calculé qu’avec une augmentation de 0, 36 point par an des cotisations jusqu’en 2030, on pouvait garantir les retraites à 60 ans pour tous et même financer le départ à 55 ans pour les salariés qui occupent des métiers pénibles, notamment dans le BTP.

Une telle augmentation est possible, mais c’est le gouvernement et le patronat qui bloquent toute mesure en ce sens. Ils bloquent aussi les salaires. Ils préfèrent accorder des primes (intéressements, participations, gratifications..) qui ne sont pas soumis aux cotisations sociales plutôt que d’augmenter les salaires. Une augmentation qui permettrait de renflouer les comptes de la sécu. C’est Eric Woerth qui le disait : le trou de la sécu, ce n’est pas une question de dépense ; mais de recette. Alors augmentez les salaires et cessez de donner sans contrepartie de l’argent public au patronat ! Et si vous ne voulez pas le faire -hypothèse la plus probable…-, laissez-nous la place, car, nous, nous le ferons !

Les contre-réformes de la droite n’ont pu atteindre leur but qu’en divisant les salariés. Alors que les salariés n’ont jamais été aussi nombreux et qu’ils représentent 93 % de la population active. Nous constituons une force numérique mais une force, hélas, trop souvent divisée. Pourtant, s’il y a bien une victime de ces réformes scélérates, c’est bien le salariat dans son ensemble, sans distinction et exemption.

La retraite n’est pas une question de pognon, mais de travail. Défendre la retraite à 60 ans pour tous, c’est défendre l’emploi des jeunes. Se battre contre le travail des seniors qui en ont assez de trimer, c’est se battre pour l’emploi des jeunes et pour le bien-être des vieux. Car travailler au-delà de 60 ans, c’est dangereux pour la santé. C’est peut-être bête, mais toutes les études scientifiques le prouvent…

Salariés, jeunes et moins jeunes, pour ne plus nous faire avoir, soyons unis, soyons solidaires et défendons ensemble la retraite à 60 ans. C’est notre droit le plus légitime. C’est une exigence juste et réalisable. A la gauche, comme sur l’imposition des indemnités des accidents de travail, comme contre la privatisation de La Poste, d’aider les salariés à construire leur unité ! Soyons unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous ! Cette fois-ci, ne laissons plus la division faire le jeu de notre adversaire.

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Retraites

Posté par section le 14 janvier 2010

76% des Français ne croient pas qu’ils toucheront une retraite satisfaisante
(AFP) ˆ Il y a 1 jour

PARIS ˜ Trois Français sur quatre (76%) ne croient pas qu’ils auront la garantie d’avoir plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus, selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du dimanche.

A la question « personnellement, concernant la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à vos revenus », 46% disent n’être « pas du tout confiants », et 30% « plutôt pas confiants », tandis que 24% ont au contraire confiance (dont 4% seulement totalement), précise le sondage.

Les Français âgés de 35 à 49 ans (86%) et ceux âgés de 25 à 34 ans (81%) sont les moins confiants, devant la tranche d’âge 18-25 ans (76%) et les 50-64 ans (71%). Les Français de plus de 65 ans ne sont plus que 59% à n’avoir pas confiance.

81% des actifs disent n’avoir pas confiance, tout comme 67% des inactifs.

Parmi les actifs (soit 54% de l’échantillon), les artisans et commerçants ont le moins confiance (89%, dont 56% qui n’ont « pas du tout » confiance), devant les professions intermédiaires (83%) et les ouvriers (83%, dont 62% qui n’ont « pas du tout » confiance), les employés (82%), et les cadres (69%).

Hommes et femmes sont pareillement peu confiants (75%), tout comme les salariés du public et du privé (81%). Les indépendants sans salariés et les employeurs sont encore moins confiants (84%).

Par ailleurs, parmi les actifs, 38% pensent que l’âge légal de départ à la retraite sera pour eux entre 65 et 69 ans, 30% pensent qu’ils seront contraints de partir entre 60 et 64 ans, et 24% à 70 ans ou plus. Seulement 8% pensent que ce sera avant 60 ans.

De même, 44% des actifs se disent prêts à travailler jusqu’à 60-64 ans pour avoir une bonne retraite, 33% jusqu’à 65-69 ans et 10% jusqu’à 70 ans et plus.

Enfin, s’ils avaient le choix, 41% des actifs préfèreraient « cotiser d’avantage pour partir à la retraite plus tôt », 34% souhaiteraient « travailler le plus longtemps possible pour se garantir une retraite suffisante », et 23% « partir le plus tôt possible quitte à avoir une retraite moindre ».

Par ailleurs, 40% des sondés estiment que le système des retraites « n’a pas vraiment fait l’objet de réformes » au cours des dernières années, et 40% qu’il « a fait l’objet de réformes qui allaient dans le mauvais sens ».

Seules 19% des personnes interrogées pensent qu’il a fait l’objet de réformes « qui allaient dans le bon sens ».

Sondage mené par téléphone du 7 au 8 janvier 2010, auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 522 actifs, selon la méthode des quotas.

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Travailler plus, c’est mortifère

Posté par section le 10 janvier 2010


Posté  par Gérard Filoche le 8 janvier 2010

Il y a plus d’un an, j’assistais à un CHSCT de France télécom dans le 2e arrondissement de Paris, rue Feydeau. Il y avait une trentaine de salariés présents, tous les syndicats, la direction, le médecin du travail. Il y avait deux cas de suicide, l’un ayant échoué, l’autre malheureusement “réussi”. L’homme, muté à maintes reprises depuis deux ans, a pété les plombs, est entré en colère contre une énième remarque de son chef de service, a quitté son poste, est rentré chez lui et s’y est pendu avec un câble France télécom. La réunion va durer plusieurs heures : le “chef” de France télécom, brutal, ne veut rien savoir, c’est un fait selon lui, distancié du travail, puisque le salarié est rentré “chez lui”, ça ne s’est pas passé dans le service… Je pousse à ce qu’il y ait une enquête prise en main par le CHSCT, qu’il y ait une “expertise”, qu’une commission soit créée pour faire un “rapport”. De toute ses forces, la hiérarchie s’y oppose. On nous fait croire que le salarié était accablé de problèmes personnels qui l’ont emporté. Mais chut, on ne peut pas dire lesquels. Il faudra une interruption de séance, en l’absence de la direction pour que deux cadres assistant au CHSCT, prennent la parole, en précisant qu’ils n’avaient pas pu le faire devant le chef : ils confirment, oui le salarié était dans le collimateur, oui, il était l’objet de vindicte, eux, là où ils sont, le savent, et ils le révèlent. Ensuite j’assistais à une journée d’étude nationale Sud-CGC sur le stress au travail : il y avait 450 présents, rue Charlot, à la Bourse à Paris. Croyez vous que la direction du travail s’est intéressée à cela ? Non, même mon directeur m’a reproché d’y être allé.

Devant ces suicides enfin révélés, Nicolas Demorand, le jeudi 8 octobre, demande à Darcos :  « Y a t’il obsolescence du droit du travail ?”. « Bien sûr » répond Darcos pourtant ministre du travail.

Bien sûr mais parce la droite et le Medef ont affaibli le Code du travail “recodifié” et ses usages toutes ces dernières années. Bien sûr que ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais les accidents cardiaques et vasculaires liés au travail. Bien sur que le karushi, le burn out, le stress, tuent. Voilà des années que 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail, c’est pour des heures supplémentaire impayées. Voilà des années que nous tirons le signal d’alarme sur les pratiques managériales liées à l’allongement épuisant des durées du travail.

Auparavant, on pouvait garantir les « éléments substantiels » (fonction, lieu) du contrat de travail, contre les changements arbitraires, c’est la loi quinquennale Balladur-Giraud qui, dés 1994 s’est attaquée à cela, inversant, au détriment des salariés, les moyens de l’employeur de l’imposer.

Auparavant les conventions entraient dans les détails des grilles de métiers, de salaires avec des niveaux, des coefficients, selon les qualifications. Ce sont les amis de Darcos qui ont laissé le patronat supprimer cela en laissant les conventions étendues sans ces indispensables chapitres, en passant le Code du travail à l’acide des exigences du Medef. C’est le directeur général du travail, JD Combrexelle, aujourd’hui envoyé en pompier à France télecom alors que c’est le même qui a été l’auteur de la catastrophique “recodification” technocratique, antidémocratique, du Code du travail du 1er février 2005 au 1er mai 2008.

En remplaçant la notion de “qualification” selon les diplômes et les carrières, par “l’employabilité”, en soumettant les salariés aux “objectifs” quantitatifs, chiffrés, on a livré des millions de salariés à l’usage “d’entretiens individualisés” par notations arbitraires où d’autres cadres biberonnés aux résultats qu’ils n’ont pas encore atteints, “saquent” des professionnels expérimentés, détruisent des humains “à la tête du client”, parce qu’il ne correspondent pas aux nouvelles normes DRH.

“Travailler plus pour gagner plus” n’est pas seulement un slogan mensonger, trompeur, démagogique puisque les salariés gagnent moins, sont poussés au chômage partiel, au Pôle emploi, au stress, à la dépression, au suicide, mais c’est un slogan mortifère. Il faut travailler moins pour travailler mieux et tous.

Gérard Filoche

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Contre la crise qui dure, il faut des mesures d’urgence sociale !

Posté par section le 10 janvier 2010


De nombreux « observateurs » nous ont dit qu’on sortait de la crise. Pourtant, une évidence commence à s’imposer : 2010 risque de voir le nombre de chômeurs s’accroître de manière dramatique.

Comme nous ne cessons de le répéter, la crise est loin d’être terminée et ses conséquences sociales non plus ! D’après une étude du cabinet Mercer, 24% des entreprises prévoient un gel des salaires en 2010, 14 % prévoient une baisse de leurs effectifs.

Raison de plus pour avancer des mesures d’urgence sur les salaires, les retraites, l’emploi.

Au lieu de cela, le gouvernement Sarkozy refuse tout coup de pouce au SMIC accompagnant les entreprises dans leur refus d’augmenter les salaires.

Au lieu de cela, Gouvernement et Medef annoncent une remise en cause de notre protection sociale (sécurité sociale et retraites).

Face au chômage il faut plus que jamais étendre la durée du travail à 35 heures à toutes et tous par semaine, et la réduire sur la durée de la vie avec le maintien de la retraite à 60 ans pour toutes et tous et plus tôt pour les métiers pénibles.

Face à la crise qui dure, il faut une relance par le pouvoir d’achat des salariés : un SMIC à 1600 euros et la progression de toutes les grilles à proportion.

Des mesures d’urgence sociale qui doivent s’accompagner d’un projet de ruptures avec les modèles économiques et sociaux héritées du libéralisme et que la crise écologique et l’avenir de la planète rendent chaque jour plus urgent.

Telles sont les tâches des socialistes et de toute la gauche. L’illustrer à l’occasion des régionales est le meilleur moyen de construire un projet mobilisateur et gagnant pour chasser Sarkozy le plus vite possible.

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