Retraites : le choix de la solidarité

Posté par section le 9 février 2010


En France, la retraite tend à n’être plus considérée comme un nouvel âge de la vie libéré du travail, mais comme une entrée en précarité. Avec une constance et une pugnacité exemplaires, la droite et le MEDEF mettent en scène cette dramatisation qui engendre chez les salariés, notamment chez les plus jeunes, un manque de confiance grandissant envers notre système de retraite par répartition. Un système auquel les mêmes salariés se déclarent pourtant fortement attachés, comme d’ailleurs à toutes les autres formes de solidarité.

La rengaine selon laquelle il n’y aurait qu’une « solution de bon sens » et une seule, à savoir que « chaque salarié mette la main à la poche », fait son chemin. Elle n’est pas sans rappeler le funeste « there is not alternative » de Margaret Thatcher des années 80. Pour faire bonne mesure, on accuse de dogmatisme ceux qui osent encore prétendre que l’on peut pérenniser la retraite par répartition et conserver à 60 ans l’âge légal du départ en retraite. Malhonnêteté intellectuelle, qui consiste à mettre un point final à tout débat par un mot détourné de son sens — ici « dogme ». Car en matière de retraite, il ne s’agit pas de dogme mais d’un choix de société. Pour la gauche, pour le camp du progrès, la retraite est un nouvel âge de la vie, qui doit être émancipateur et non synonyme de précarité. Pour que toutes et tous puissent la vivre ainsi, elle ne peut donc être envisagée qu’à travers un système solidaire. Et au xxie siècle, dans le monde tel qu’il est, cette solidarité est possible. À condition – et c’est là que le bât blesse – de redistribuer autrement les richesses. C’est, répétons-le, un choix de société, un choix politique fondamental, à l’opposé de celui de la droite et du MEDEF dont l’objectif est de baisser le montant des retraites pour remettre en cause le système par répartition, comme préconisé par le FMI dès les années 90. Par le biais de la peur, le gouvernement incite donc les salariés à accepter des réformes qui les conduiront à souscrire des fonds de pension et à alimenter ce faisant la financiarisation de l’économie, dont ils seront, comme on vient de le vivre, les principales victimes.

Il n’y a là aucune surprise. Tout cela était déjà clairement exposé dans le programme du candidat Sarkozy. La crise a pourtant discrédité le système par capitalisation que la droite voulait introduire dans notre pays. Quant aux réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) qui ont allongé la durée des cotisations et aligné, au nom de l’égalité, le système de retraite des fonctionnaires sur celui du privé, certains « pragmatiques de gauche » les trouvait opportunes. Elles ont lamentablement échoué. Un million de retraités vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. La moitié des retraités français qui prennent aujourd’hui leur retraite perçoivent moins de 1000 € par mois. 600 000 personnes touchent la minimum vieillesse qui s’élève à 677 € mensuels. Avec 40% d’écart dans le montant des pensions, l’inégalité entre les hommes et les femmes est toujours aussi criante.

Quant au taux d’activité des seniors, que prétendait régler la réforme Fillon, il demeure en France le plus faible d’Europe — 38,1% contre 70% en Norvège par exemple. Ainsi, tant dans le privé que dans le public, 60% des personnes qui liquident leur retraite à 60 ans sont inactives. Telle est la réalité : en France aujourd’hui, l’âge réel de la cessation d’emploi est de 58 ans. Non par choix des salariés, mais parce que les entreprises se détournent des seniors au prétexte qu’ils seraient moins productifs — au prétexte surtout qu’ils coûtent plus cher qu’un jeune. Allonger la durée de cotisation, notamment en temps de crise et de chômage, aggraverait donc la baisse du taux de remplacement (niveau des pensions) et la précarité des retraités.

Pour peu que l’on accepte d’en débattre dans le camp du progrès, d’autres solutions sont possibles qui tiennent compte de l’évolution démographique et de l’espérance de vie, mais sans en faire des alibis de la destruction de notre système par répartition. D’autant qu’en la matière, les prévisions se sont avérées aléatoires. Ainsi le Conseil d’Orientation des retraites (COR) qui avait établi des projections à l’horizon 2040 les a révisées en 2007, compte tenu de l’évolution démographique favorable de notre pays. S’il ne faut pas bannir les projections, il convient de les manier avec prudence et surtout de ne pas occulter un facteur essentiel à tout débat sur les retraites : les ressources. Or certaines d’entre elles sont soigneusement écartées des discussions. Ainsi de l’augmentation des salaires et du chômage qui pèse lourdement sur le financement des régimes de retraite : un point de masse salariale globale correspond à 2 milliards de recettes supplémentaires pour le régime général. L’amélioration de l’emploi et l’augmentation des salaires, adossés à une politique économique qui relance le pouvoir d’achat et impulse les investissements porteurs d’avenir, seraient d’importants générateurs de ressources.

De la même façon, il faut prioritairement élargir l’assiette des prélèvements et taxer les revenus financiers.

Enfin, une autre piste nous semble intéressante à explorer. Selon les prévisions les plus pessimistes du COR (celles de 2003), une augmentation de 0,37% par an des cotisations sociales (à répartir entre cotisations salariales et patronales) à l’horizon 2040, permettrait d’équilibrer le système sans réduire le taux de remplacement ni allonger la durée de cotisation. D’après un sondage IPSOS, les Français sont prêts à cotiser plus, plutôt que de travailler plus longtemps. Aux opposants à cette piste qui ressassent que cela induirait une augmentation du coût du travail préjudiciable à l’emploi, on peut aisément rétorquer qu’il n’existe aucun lien macroéconomique avéré entre le coût du travail et l’emploi.

Si toutefois la hausse des cotisations retraites était de nature à peser sur la santé des PME, il est possible d’en atténuer les effets. D’une part à travers une réforme des cotisations patronales, assise sur la valeur ajoutée, afin de favoriser l’emploi dans les PME riches en main d’œuvre. D’autre part à travers une réforme de l’impôt sur les sociétés modulée pour alléger l’impôt des PME — en fixant un taux majoré applicable aux bénéfices distribués aux actionnaires, et un taux minoré pour les bénéfices réinvestis.

Seule une véritable volonté politique qui ose lever le tabou de la répartition des richesses peut prétendre pérenniser le système par répartition. Le débat sur les retraites est un débat entre deux modèles de société. Celui de la droite et du Medef face à celui du camp du progrès. La gauche ne doit jamais l’oublier.

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Mort de la médecine du travail ?

Posté par section le 9 février 2010

Conçue à l’origine comme un magnifique outil de prévention en matière de santé dans les entreprises, la médecine du travail a été délibérément dégradée, décimée, déconsidérée par les employeurs. Le Medef a jugé le moment opportun de lui porter le coup de grâce puisque, après une négociation de février à octobre 2009, devant le refus unanime de tous les syndicats, il a chargé Xavier Darcos de reprendre l’essentiel de son projet.

Les médecins du travail n’assureraient plus le service de santé au travail, remplacés par une nébuleuse « service de santé au travail » (SST). La « pénurie » de médecins du travail sera entérinée puisque infirmiers, personnel médical, médecins de ville, et des IPRP (Intervenants en Prévention des Risques Professionnels) au statut mal défini et non protégé, s’y substitueront. Les visites avec de vrais médecins du travail seront espacées tous les 3 ans « sur demande » et si « l’infirmier en santé au travail évalue le besoin de voir le médecin du travail » dans les « secteurs à risques ».

La visite d’embauche aurait un but de sélection et d’éviction. Une « visite de prévention de la désinsertion professionnelle » pendant l’arrêt de travail serait systématique après 21 jours d’arrêt sous contrôle, bien sûr, de l’employeur. « L’obligation de recherche de reclassement de l’employeur débute avec cette démarche et se termine avec la visite de reprise ». Cela met fin de facto à la protection du salarié pendant son arrêt de travail. Les médecins ne feront plus que de la sélection et de l’éviction et perdront leur rôle de préventeurs. La possibilité de licenciement pour inaptitude serait réduite à une seule visite et le médecin ne pourrait plus formuler des préconisations pour l’adaptation du poste d e travail (restrictions, aménagement, changement de poste…). Le « tiers-temps » des médecins pour l’étude des conditions de travail est supprimé : il n’y a plus besoin de médecin spécialiste connaissant le travail et ses effets sur la santé. Tout cela avec des SST ayant des conseils d’administration où les employeurs disposent des deux tiers des sièges. Un appel est lancé par 200 médecins et inspecteurs du travail.

Pour lire et signer la pétition : 

non-mort-medecine-travail.net/

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Tous unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous !

Posté par section le 14 janvier 2010



Par Tuncay Cilgi (responsable MJS-64 Pau)

La droite n’aime pas la retraite par répartition. Elle n’aime pas non plus son mode de financement basé sur les salaires, à savoir les cotisations sociales, qu’elle considère au même titre que le patronat comme une « charge », qu’il faudrait alléger. Pourtant c’est le système le plus efficace, le plus sûr et le plus pérenne. S’il en fallait encore une preuve, la crise actuelle constituerait la plus éclatante, car ce n’est pas moins de 10 millions d’Américains, qui pensaient préparer leur retraite par la capitalisation, ont tout perdu quand la bulle financière a éclaté et a englouti les milliards de liquidités qu’ils s’étaient résolus à jouer en bourse !

La droite n’en est pas à sa première contre-réforme -loin s’en faut- pour affaiblir le système par répartition et, par-là même, dissuader les salariés d’opter pour la retraite par capitalisation. Déjà la loi Boulin du 31 décembre 1971 prévoyait le passage de 120 (30 ans) à 150 trimestres (37, 5 ans) de la période d’assurance ouvrant droit à une pension à taux plein, sur la base désormais des 10 meilleures (et non plus dernières) années de salaires.

Vingt-deux ans après la loi Boulin, la droite revient à la charge avec l’ordonnance Balladur de 1993. Une réforme des retraites qui a fait mal aux salariés du privé, et pour longtemps. Elle prévoyait d’allonger la durée de cotisations de 37, 5 (150 trimestres) à 40 annuités (160 trimestres) pour prétendre à une pension à taux plein. Dorénavant, le calcul de la pension des salariés du privé est basé sur les 25 meilleures années et non plus les 10. De surcroît, sa revalorisation est indexée sur l’inflation, et non plus sur les gains de productivité. Il en résultera une diminution des pensions de 26 % à l’échéance 2020. Il n’y a pas photo, quant au caractère régressif et antisocial de la réforme.

Et ce n’est pas fini, puisque qu’en 2003, après avoir laissé mûrir l’opposition entre salariés du privé et public, la réforme Fillon s’en prend cette fois-ci à la fonction publique, bastion de résistance sociale que le plan Juppé n’avait pas réussi à faire vaciller en 1995. Mais, si cette énième réforme voulait bel et bien s’en prendre à la citadelle syndicale que constituait le public,  elle n’en égratignait pas moins le privé au passage. En effet, la « réforme »  prévoit d’augmenter la durée de cotisations de la fonction publique à 40 annuités, contre 37,5 avant 2003, pour une pension à taux plein. La réforme insère également un système de surcote et de décote. Les personnes qui n’ont pas le nombre de trimestres suffisant à l’âge de la prise de la retraite subissent une décote de leur pension ou sont invités à racheter des trimestres manquants. Celles qui ont le nombre de trimestres supérieurs aux 160 trimestres légaux se voit quant à eux appliquer une surcote, mais pour les seuls trimestres au-delà des 160 trimestres. La nouveauté amère et lâche, c’est que ce système est appliqué au privé comme au public.

Et ce n’est pas l’élection de Bling-bling qui a arrêté l’hémorragie. Bien au contraire. Dès sa prise de fonction, en quête d’un mouvement social à briser afin de manifester aux yeux de la bourgeoisie sa volonté de « rupture », il s’attaque aux régimes de retraites dit « spéciaux ». Toujours en se servant de l’opposition des salariés du public et du privé et de la désunion syndicale, il  décide unilatéralement d’aligner la durée de cotisations de certaines catégories de salariés du public (RATP, SNCF, EDF GDF…), qui étaient à 37, 5 annuités, sur celle des autres salariés, à 40 annuités. Pourtant les salariés, dits du régime « spécial », perçoivent une part importante de leur salaire en prime, part qui n’est pas prise en compte dans le calcul de leur pension future. De plus, les salariés du régime général cotisent 10 % de leur salaire pour leur retraite, alors que les salariés du régime « spécial » cotisent 26 %. Mais ni les médias télévisuels, ni les journaux -hormis certains journaux honnêtes comme L’Humanité-, n’ont dit aux citoyens ces vérités. Cela prouve encore une fois qu’ils sont aux ordres d’une oligarchie qui veut détruire tous ce que les salariés ont conquis comme droit légitime depuis deux siècles.

Pour donner une illustration de leur détermination, voici la question qu’a posé Jean-Louis Debré (alors président UMP de l’Assemblée Nationale) à François Fillon : « Pourquoi lorsqu’il était ministre, n’a-t-il pas fait une réforme des régimes spéciaux ? » La réponse est simple mais cinglante : ilfallait diviser le salariat pour pouvoir l’affronter sur un sujet aussi sensible que les retraites. Horace, seul face aux trois Curiaces, avait lui aussi choisi d’attaquer l’un après l’autre ses adversaires. Le secteur privé, la fonction publique et les régimes spéciaux : la droite française est cornélienne, puisqu’elle a toujours cherché à diviser notre camp pour régler son compte à des secteurs partiels du salariat. De la part de l’actuelle Premier min istre, les choses sont dites clairement : diviser les salariés pour mieux imposer.

Mais la réforme Fillon de 2003 est beaucoup plus sournoise qu’on pourrait le penser de prime abord. L’article 5 de la réforme prévoit d’ajuster (entendez « augmenter ») la durée de cotisations si la situation des comptes de retraites venait à se détériorer. Une contre-réforme aura donc bien lieu et ce sera en 2010 après les régionales. Comme par hasard après les régionales… Non, plutôt par tactique politique. Car si nous avons gagné 22 régions métropolitaines sur 24 en 2004, c’est avant tout parce que le mécontentement suscité par la réforme Fillon de 2003 avait poussé les électeurs, pour une grande partie, à voter pour nous. La droite le sait, s’en souvient et ne veut pas reproduire la même erreur.

La détérioration des comptes de la sécurité sociale en général, et des régimes de retraite en particulier, est le produit d’une volonté politique délibérée. Leur but est bel et bien de remettre en cause la sécurité sociale et la retraite par répartition instituées par le Conseil Nationale de la Résistance en 1945. Il n’est donc pas étonnant que la  droite défende en 2010 une énième-contre réforme, car le boulot est encore loin d’être fait totalement… Et pour couronner l’édifice de régression sociale construit patiemment par la droite, le gouvernement s’est empressé de donner un délai aux entreprises pour négocier des accords visant à garder plus longtemps les seniors. En cas de non-accord, les entreprises se verront assujetties à une taxe de 1 % de la masse salariale. Il s’agit bel et bien d’une mesure visant à priver les jeunes d’emploi alors que le chômage est endémique dans cette classe d’âge. Une droite qui fonctionne à contre courant sinon qu’elle marche sur la tête ou bien sur l’avenir des jeunes.

Face à une droite qui mène sans vergogne, depuis un demi-siècle, un combat sans merci, de contre-réformes en contre-réformes, contre notre système de sécurité sociale, il faut dire clairement que des solutions existent pour le maintenir et même le renforcer. Nous sommes largement en capacité de pérenniser la retraite par répartition et défendre la retraite à 60 ans instituée par la gauche en 1982 !

Toutes les contre-réformes de la droite ont été menées sur l’autel de postulats purement fantaisistes, faux, manipulés et déformés. Le trou de la sécu par exemple, c’est une volonté politique délibérée. En effet, l’Etat consent chaque année 60 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales, sans contrepartie, qui vont dans les poches du patronat. En dépit de ces cadeaux, il n’y a eu aucune amélioration de la situation de l’emploi. Et cela dure depuis plus de 25 ans !

La droite s’appuie sur le vieillissement de la population et le rapport Charpin pour justifier ses contre-réformes. Mais ce que la bande du Fouquet’s oublie de dire, c’est que ce rapport, rédigé et publié en 96-97, prévoyait 250 000 naissances entre 1999 et 2000. Manque de bol, ce sont 850 000 bambins qui ont vu le jour, soit trois fois plus ! Et depuis 2009, la France est championne d’Europe des naissances devant l’Irlande. En outre, ce rapport décidément ubuesque n’a pas pris en compte dans ces calculs l’augmentation du PNB années après années. Ce n’est pas comme si, en 30 ans, il avait plus que doublé…

Voilà le fond du problème. Vouloir augmenter la durée de cotisations et chercher coûte que coûte à l’allonger à 41, voire 42 annuités, est complètement contraire à la réalité. Deux personnes sur trois ne sont plus au travail après 40 ans de boulot. En France, la durée moyenne de cotisations est de 37, 5 annuités, quand l’âge moyen de prise de la retraite est de 57 ans contre 58 en Europe. Si l’on ajoute aux coups de boutoir de la droite la précarisation des emplois (enchaînement des CDD, recours à l’intérim…) imposée par le patronat depuis trente ans, il devient clair que la sécu ne sera pas mieux financée, mais que le montant des pensions sera, lui, nécessairement amené à baisser. C’est bien là l’objectif des contre-réformes de la droite. Elle ne veut pas « sauver » le système, mais bien le couler ! Elle cherche à décrédibiliser aux yeux des salariés le système par répartition afin qu’ils optent en masse pour la retraite par capitalisation, dont on a pourtant vu la fragilité, et même l’insécurité consubstantielle en période de crise. Chaque recul de la retraite par répartition, ce sont les banques et assureurs privés qui en profitent.

Pourtant, le COR (Conseil d’orientation des retraites), institué par le gouvernement de la gauche plurielle, a calculé qu’avec une augmentation de 0, 36 point par an des cotisations jusqu’en 2030, on pouvait garantir les retraites à 60 ans pour tous et même financer le départ à 55 ans pour les salariés qui occupent des métiers pénibles, notamment dans le BTP.

Une telle augmentation est possible, mais c’est le gouvernement et le patronat qui bloquent toute mesure en ce sens. Ils bloquent aussi les salaires. Ils préfèrent accorder des primes (intéressements, participations, gratifications..) qui ne sont pas soumis aux cotisations sociales plutôt que d’augmenter les salaires. Une augmentation qui permettrait de renflouer les comptes de la sécu. C’est Eric Woerth qui le disait : le trou de la sécu, ce n’est pas une question de dépense ; mais de recette. Alors augmentez les salaires et cessez de donner sans contrepartie de l’argent public au patronat ! Et si vous ne voulez pas le faire -hypothèse la plus probable…-, laissez-nous la place, car, nous, nous le ferons !

Les contre-réformes de la droite n’ont pu atteindre leur but qu’en divisant les salariés. Alors que les salariés n’ont jamais été aussi nombreux et qu’ils représentent 93 % de la population active. Nous constituons une force numérique mais une force, hélas, trop souvent divisée. Pourtant, s’il y a bien une victime de ces réformes scélérates, c’est bien le salariat dans son ensemble, sans distinction et exemption.

La retraite n’est pas une question de pognon, mais de travail. Défendre la retraite à 60 ans pour tous, c’est défendre l’emploi des jeunes. Se battre contre le travail des seniors qui en ont assez de trimer, c’est se battre pour l’emploi des jeunes et pour le bien-être des vieux. Car travailler au-delà de 60 ans, c’est dangereux pour la santé. C’est peut-être bête, mais toutes les études scientifiques le prouvent…

Salariés, jeunes et moins jeunes, pour ne plus nous faire avoir, soyons unis, soyons solidaires et défendons ensemble la retraite à 60 ans. C’est notre droit le plus légitime. C’est une exigence juste et réalisable. A la gauche, comme sur l’imposition des indemnités des accidents de travail, comme contre la privatisation de La Poste, d’aider les salariés à construire leur unité ! Soyons unis pour défendre la retraite à 60 ans pour tous ! Cette fois-ci, ne laissons plus la division faire le jeu de notre adversaire.

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Retraites

Posté par section le 14 janvier 2010

76% des Français ne croient pas qu’ils toucheront une retraite satisfaisante
(AFP) ˆ Il y a 1 jour

PARIS ˜ Trois Français sur quatre (76%) ne croient pas qu’ils auront la garantie d’avoir plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus, selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du dimanche.

A la question « personnellement, concernant la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à vos revenus », 46% disent n’être « pas du tout confiants », et 30% « plutôt pas confiants », tandis que 24% ont au contraire confiance (dont 4% seulement totalement), précise le sondage.

Les Français âgés de 35 à 49 ans (86%) et ceux âgés de 25 à 34 ans (81%) sont les moins confiants, devant la tranche d’âge 18-25 ans (76%) et les 50-64 ans (71%). Les Français de plus de 65 ans ne sont plus que 59% à n’avoir pas confiance.

81% des actifs disent n’avoir pas confiance, tout comme 67% des inactifs.

Parmi les actifs (soit 54% de l’échantillon), les artisans et commerçants ont le moins confiance (89%, dont 56% qui n’ont « pas du tout » confiance), devant les professions intermédiaires (83%) et les ouvriers (83%, dont 62% qui n’ont « pas du tout » confiance), les employés (82%), et les cadres (69%).

Hommes et femmes sont pareillement peu confiants (75%), tout comme les salariés du public et du privé (81%). Les indépendants sans salariés et les employeurs sont encore moins confiants (84%).

Par ailleurs, parmi les actifs, 38% pensent que l’âge légal de départ à la retraite sera pour eux entre 65 et 69 ans, 30% pensent qu’ils seront contraints de partir entre 60 et 64 ans, et 24% à 70 ans ou plus. Seulement 8% pensent que ce sera avant 60 ans.

De même, 44% des actifs se disent prêts à travailler jusqu’à 60-64 ans pour avoir une bonne retraite, 33% jusqu’à 65-69 ans et 10% jusqu’à 70 ans et plus.

Enfin, s’ils avaient le choix, 41% des actifs préfèreraient « cotiser d’avantage pour partir à la retraite plus tôt », 34% souhaiteraient « travailler le plus longtemps possible pour se garantir une retraite suffisante », et 23% « partir le plus tôt possible quitte à avoir une retraite moindre ».

Par ailleurs, 40% des sondés estiment que le système des retraites « n’a pas vraiment fait l’objet de réformes » au cours des dernières années, et 40% qu’il « a fait l’objet de réformes qui allaient dans le mauvais sens ».

Seules 19% des personnes interrogées pensent qu’il a fait l’objet de réformes « qui allaient dans le bon sens ».

Sondage mené par téléphone du 7 au 8 janvier 2010, auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 522 actifs, selon la méthode des quotas.

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Travailler plus, c’est mortifère

Posté par section le 10 janvier 2010


Posté  par Gérard Filoche le 8 janvier 2010

Il y a plus d’un an, j’assistais à un CHSCT de France télécom dans le 2e arrondissement de Paris, rue Feydeau. Il y avait une trentaine de salariés présents, tous les syndicats, la direction, le médecin du travail. Il y avait deux cas de suicide, l’un ayant échoué, l’autre malheureusement “réussi”. L’homme, muté à maintes reprises depuis deux ans, a pété les plombs, est entré en colère contre une énième remarque de son chef de service, a quitté son poste, est rentré chez lui et s’y est pendu avec un câble France télécom. La réunion va durer plusieurs heures : le “chef” de France télécom, brutal, ne veut rien savoir, c’est un fait selon lui, distancié du travail, puisque le salarié est rentré “chez lui”, ça ne s’est pas passé dans le service… Je pousse à ce qu’il y ait une enquête prise en main par le CHSCT, qu’il y ait une “expertise”, qu’une commission soit créée pour faire un “rapport”. De toute ses forces, la hiérarchie s’y oppose. On nous fait croire que le salarié était accablé de problèmes personnels qui l’ont emporté. Mais chut, on ne peut pas dire lesquels. Il faudra une interruption de séance, en l’absence de la direction pour que deux cadres assistant au CHSCT, prennent la parole, en précisant qu’ils n’avaient pas pu le faire devant le chef : ils confirment, oui le salarié était dans le collimateur, oui, il était l’objet de vindicte, eux, là où ils sont, le savent, et ils le révèlent. Ensuite j’assistais à une journée d’étude nationale Sud-CGC sur le stress au travail : il y avait 450 présents, rue Charlot, à la Bourse à Paris. Croyez vous que la direction du travail s’est intéressée à cela ? Non, même mon directeur m’a reproché d’y être allé.

Devant ces suicides enfin révélés, Nicolas Demorand, le jeudi 8 octobre, demande à Darcos :  « Y a t’il obsolescence du droit du travail ?”. « Bien sûr » répond Darcos pourtant ministre du travail.

Bien sûr mais parce la droite et le Medef ont affaibli le Code du travail “recodifié” et ses usages toutes ces dernières années. Bien sûr que ce ne sont plus les coups de grisou qui tuent, mais les accidents cardiaques et vasculaires liés au travail. Bien sur que le karushi, le burn out, le stress, tuent. Voilà des années que 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail, c’est pour des heures supplémentaire impayées. Voilà des années que nous tirons le signal d’alarme sur les pratiques managériales liées à l’allongement épuisant des durées du travail.

Auparavant, on pouvait garantir les « éléments substantiels » (fonction, lieu) du contrat de travail, contre les changements arbitraires, c’est la loi quinquennale Balladur-Giraud qui, dés 1994 s’est attaquée à cela, inversant, au détriment des salariés, les moyens de l’employeur de l’imposer.

Auparavant les conventions entraient dans les détails des grilles de métiers, de salaires avec des niveaux, des coefficients, selon les qualifications. Ce sont les amis de Darcos qui ont laissé le patronat supprimer cela en laissant les conventions étendues sans ces indispensables chapitres, en passant le Code du travail à l’acide des exigences du Medef. C’est le directeur général du travail, JD Combrexelle, aujourd’hui envoyé en pompier à France télecom alors que c’est le même qui a été l’auteur de la catastrophique “recodification” technocratique, antidémocratique, du Code du travail du 1er février 2005 au 1er mai 2008.

En remplaçant la notion de “qualification” selon les diplômes et les carrières, par “l’employabilité”, en soumettant les salariés aux “objectifs” quantitatifs, chiffrés, on a livré des millions de salariés à l’usage “d’entretiens individualisés” par notations arbitraires où d’autres cadres biberonnés aux résultats qu’ils n’ont pas encore atteints, “saquent” des professionnels expérimentés, détruisent des humains “à la tête du client”, parce qu’il ne correspondent pas aux nouvelles normes DRH.

“Travailler plus pour gagner plus” n’est pas seulement un slogan mensonger, trompeur, démagogique puisque les salariés gagnent moins, sont poussés au chômage partiel, au Pôle emploi, au stress, à la dépression, au suicide, mais c’est un slogan mortifère. Il faut travailler moins pour travailler mieux et tous.

Gérard Filoche

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Contre la crise qui dure, il faut des mesures d’urgence sociale !

Posté par section le 10 janvier 2010


De nombreux « observateurs » nous ont dit qu’on sortait de la crise. Pourtant, une évidence commence à s’imposer : 2010 risque de voir le nombre de chômeurs s’accroître de manière dramatique.

Comme nous ne cessons de le répéter, la crise est loin d’être terminée et ses conséquences sociales non plus ! D’après une étude du cabinet Mercer, 24% des entreprises prévoient un gel des salaires en 2010, 14 % prévoient une baisse de leurs effectifs.

Raison de plus pour avancer des mesures d’urgence sur les salaires, les retraites, l’emploi.

Au lieu de cela, le gouvernement Sarkozy refuse tout coup de pouce au SMIC accompagnant les entreprises dans leur refus d’augmenter les salaires.

Au lieu de cela, Gouvernement et Medef annoncent une remise en cause de notre protection sociale (sécurité sociale et retraites).

Face au chômage il faut plus que jamais étendre la durée du travail à 35 heures à toutes et tous par semaine, et la réduire sur la durée de la vie avec le maintien de la retraite à 60 ans pour toutes et tous et plus tôt pour les métiers pénibles.

Face à la crise qui dure, il faut une relance par le pouvoir d’achat des salariés : un SMIC à 1600 euros et la progression de toutes les grilles à proportion.

Des mesures d’urgence sociale qui doivent s’accompagner d’un projet de ruptures avec les modèles économiques et sociaux héritées du libéralisme et que la crise écologique et l’avenir de la planète rendent chaque jour plus urgent.

Telles sont les tâches des socialistes et de toute la gauche. L’illustrer à l’occasion des régionales est le meilleur moyen de construire un projet mobilisateur et gagnant pour chasser Sarkozy le plus vite possible.

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Liquidation des biens publics

Posté par section le 19 octobre 2009

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A l’ère du néolibéralisme la liquidation des

Biens Publics en France

En France la liquidation des biens publics se poursuit depuis une trentaine d’années dans la ligne de la mondialisation capitaliste et de la globalisation financière.

La liquidation est mondiale : privatisations massives imposées aux pays du Tiers-Monde par le F.M.I, mainmise sur les anciens pays de l’Est, bradage des biens publics en France.

L’EXEMPLE Français :

De 1933 à 1982 : période de constitution du Bien Public en – – France

– 1933 : Air France ;

-         1937 : SNCF ;

-         1944-45 : Charbonnages de France ;

-         1945 : Renault, Banque de France, BNCI, CNEP, Crédit Lyonnais, Société Générale ;

-         1946 : assurances, création d’EDF-GDF, AFP, Compagnie Générale Transatlantique

-         Fin 1980, le secteur public productif comprend les 32 groupes :

  • Industrie : Aquitaine chimie, Bureau de recherches géologiques et minières, Charbonnages de France, Commissariat à l’énergie atomique, Compagnie française des pétroles, EDF, GDF,
  • Entreprise minière et chimique, Entreprise recherche activité pétrolière, Institut de développement industriel, Renault, Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation, Société nationale industrielle aérospatiale, Société nationale des poudres et explosifs,
  • Transports, communications : Agence Havas, Air France, Compagnie française des câbles sous-marins et de radio, Compagnie générale maritime et financière, RATP, SNCF, Société nationale des entreprise de presse, Société nouvelle de radiodiffusion, Télédiffusion de France,
  • Banques et assurances : Banque nationale de Paris, Caisse des dépôts et consignations, Caisse nationale des marchés de l’Etat, Centrale assurances générales de France, Crédit Lyonnais, Société centrale du GAN, Société centrale-Union des assurances de Paris, Société financière pour le développement des équipements collectifs, Société générale.

En 1981-1982 : les effectifs des groupes du secteur public, hors Seita et PTT, représentent 1 763 000 salariés (contre 1 088 000 en 1980) soit 16% des salariés et 40% des immobilisations des sociétés soumises à l’imposition sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux.

Avec les nationalisations, 14 groupes s’ajoutent aux précédents :

-         Industrie : Alsthom-Atlantique, Compagnie des machines Bull, Compagnie générale d’électricité, Saint Gobain Pont-à-Mousson, Thomson Brandt, Usinor, Péchiney Ugine Kuhlmann, Rhône-Poulenc, Sacilor),

-         Banques et assurances : Banque industrielle et immobilière privée, Compagnie financière de Suez, Crédit chimique, Crédit commercial de France, Financière de Paris et des Pays-Bas.

-         Il convient d’ajouter 6 groupes où les participations publiques deviennent majoritaires :

  • Industrie : ITT- Société de produits industriels, Matra, Roussel Uclaf, Société centrale d’étude Marcel Dassault,
  • Banques : Banque Rothschild, Banque Worms.

De 1986 à 2006 : L’ère des dénationalisations  totales ou partielles :


En 1986-88 : gouvernement Chirac 13 milliards d’euros :

-         Industrie : Saint Gobain, Compagnie générale de constructions téléphoniques, Matra,

-         communications : Agence Havas, TF1, Sud radio,

-         Banques et assurances : Mutuelle générale française accidents, Mutuelle générale française vie, Banque du bâtiment et des travaux publics, Banque industrielle et immobilière privée, Société générale, Compagnie financière du crédit commercial de France, Compagnie financière de Paribas, Compagnie financière de Suez.

En 1992 : gouvernement Bérégovoy : Industrie Total,


En 1993-97 : (gouvernements Balladur et Juppé : 26,4 milliards d’euros

-         Industrie : Elf, Rhône-Poulenc, Seita, Usinor, Péchiney, Renault, Bull),

-         Banques et assurances : BNP, BFCE, UAP, AGF

En 1997-2002 : gouvernement Jospin : 50 milliards d’euros

-         Industrie : Thomson, Aérospatiale, EADS, Renault ;

-         Communications : France-Telecom, Air France, Autoroutes du Sud de la France, SMC, RMC, SFP, TDF,

-         Banques et assurances : CIC, Crédit Lyonnais, Banque Hervet, CNP, GAN,


En 2002-2006 : gouvernement Raffarin puis De Villepin : de l’ordre de 100 milliards d’euros :

-         Industrie : EDF-GDF, Snecma, GIAT Industries, Areva, Direction des Chantiers Navals, Arsenaux,

-         Transports et communications (France Telecom, SNCM, ASF, Aéroports de Paris, Air France,

-         Banques et assurances : Caisse centrale de réassurance.

Cette liste ne prend pas en compte les opérations en cours qui sont souvent le prélude à la privatisation :

-         à la SNCF,

-         à la RATP,

-         à La Poste,

-         à la Banque de France,

-         à la Caisse des Dépôts et Consignations

En 2007, il ne reste plus rien du secteur public industriel.

Le secteur public social en voie de destruction massive :

-         Le patrimoine administratif : terrains, infrastructures, immeubles, monuments historiques – soit 1100 milliards d’euros -  est en cours de vente,

-         En 2004  commence la vente :

  • la vente du patrimoine des Hôpitaux de Paris – hôpital Laennec, classé monument historique, et hôpital Boucicaut,
  • la vente des immeubles du Quai d’Orsay à des fonds de pensions américains,
  • l’immeuble de l’Imprimerie nationale, elle-même en cours de démantèlement, est vendu en 2004 à la société américaine Carlyle,
  • Une agence est créée : l’Agence des propriétés immobilières de l’Etat à statut d’E.P.I.C ; elle acquiert les biens, les reloue à l’Etat (sic) avant la revente à des investisseurs privés.

Le patrimoine historique se délabre entre « décentralisation » et musées que l’on détruit : Musée de l’Homme, Musée national des arts africains et océaniens, Musée des arts et traditions populaires, et que l’on vide.

La protection sociale : – assurance maladie, accidents du travail, retraites -  est démantelée au profit de l’épargne individuelle et des assurances privées. Le chômage devient également source de profits substantiels pour le privé.

-  l’ANPE perd le monopole du placement ouvert aux agences privées. Il s’agit des sociétés d’intérim, notamment, qui obtiennent des ASSEDIC de mirobolants contrats de « promesses de placement »

Les biens d’usage collectif :

sites, espace public, eau, écosystèmes, subissent dégâts et privatisation :

-         destruction de bâtiments et de quartiers historiques,

-         bétonnage des côtes : le déjà faible budget du Conservatoire du littoral a été divisé par trois en 20 ans,

-         défigurations des paysages,

-         multiplication des autoroutes et autres voies de « contournement »,

-         mainmise sur l’eau par les entreprises privées,

-         baisse du financement et privatisation en cours de l’archéologie préventive depuis 2004 : les entreprises privées effectuent les fouilles,

-         pollution de l’air et du sous-sol,

-         augmentation des risques majeurs du nucléaire civil par l’introduction en Bourse en 2004 de 35% du capital d’Areva – ex COGEMA et Framatome -  Sarkozy était alors Ministre de l’Economie.

COMMENT FAIT-ON ?

-         corruption des responsables politiques et administratifs et impunité,

-         modifification de la législation :  le décret du 23/12/98 permet au musée du quai Branly, dit des « arts premiers » de vendre ses collections,

-         la loi du 11/12/2001 permet la cession des biens immobiliers de l’Etat au privé. Le ministre de l’économie, Sarkozy l’ami des patrons, accentue, par ordonnance du 19/08/2004 le mouvement qui permet la vente au privé des immeubles de bureaux sans avoir à respecter la procédure de déclassement.

  • Cession à prix bradés,
  • abandon de créances,
  • frais fictifs,
  • tout cela est possible ! Les infractions sont légion : abus de biens sociaux, pots-de-vin, faux-bilans.
  • Les responsables impunis, sont souvent récompensés  par des parachutes dorés, indemnités et des retraites douillettes.

-         Les privatisations sont précédées, quand elles risquent d’être impopulaires, par le laisser aller voire le creusement volontaire des dettes de groupes qu’on laisse comme dans le privé faire des investissements aventureux et/ou délictueux : Crédit Lyonnais, EDF, France Telecom..).

-         Quand ça ne suffit pas, le gouvernement s’abrite derrière les directives européennes :

  • « libéralisation » du fret ferroviaire,
  • des marchés publics de l’eau, des transports, des télécommunications, de l’énergie, des services portuaires,
  • Mais ces directives sur lesquelles il verse des larmes de crocodile, il LES A ADOPTEES !!!!
  • Et l’O.C.D.E fournit les modes d’emploi !

-         La sous-évaluation des biens publics livrés aux copains et aux coquins est systématique,

  • en surestimant l’endettement par exemple
  • Pour EDF : en 2005, 20% des actions GDF ont été vendues 4,5 milliards d’euros pour une valeur de 6 milliards,
  • le GAN a été vendu à un tiers de sa valeur,
  • ASF a été vendue à 49% par Jospin en 2002 pour 1,8 milliards d’euros alors que ces autoroutes étaient estimées à 6,3 milliards,
  • Total bradé pour quelques milliards d’euros par Bérégovoy vaut aujourd’hui 125 milliards d’euros,
  • La vente des 1300 appartements de la Banque de France est réalisée en bloc et non à la découpe…gros profits en vue pour les repreneurs,
  • la Snecma est bradée en 2004 à General Electric,
  • la SNCM renflouée par l’Etat est vendue pour une bouchée de pain à la Connex – filiale de Vivendi- et à un fonds de pension contrôlé par un ami du premier ministre De Villepin

-        Les techniques utilisées :

  • la vente totale ou partielle des entreprises publiques,
  • le démantèlement par filialisation avant vente des filiales les plus rentables,
  • le recours massif à la sous-traitance (informatique, communications, distribution, transports, maintenance, nettoyage, restauration…) et à la délocalisation.
  • Pour mieux vous entuber, on appellera ça « externalisations »
    • On peut vendre les murs pour les louer ensuite : c’est le cas à France-Telecom désormais locataire de 95% de ses surfaces, à la SNCF (gares), et dans les hôpitaux !
    • On peut aussi vendre les véhicules de transport pour les louer après : La Poste (60000 véhicules), France-Telecom (48000 véhicules), EDF (50000 véhicules, SNCF (13000 véhicules), et aussi Bercy, les collectivités locales, les HLM…tout cela au profit d’une société de location comme Leaseplan, filiale de la banque ABN AMRO qui achète à prix réduit et loue à prix maximum. ABN AMRO a été acquis par un consortium de trois banques – Fortis, RBS et Santander – en octobre 2007. Le 3 octobre 2008, l’Etat néerlandais rachetait les intérêts d’ABN AMRO détenus par Fortis, remplaçant Fortis au sein du holding RFS et prenant la direction des activités d’ABN AMRO
    • la technique de l’asphyxie budgétaire qui conduit la recherche publique à se soumettre aux demandes des groupes privés en échange de financement. On vous concocte de jolis OGM !

QUI SONT LES PREDATEURS ?

Ces requins qui tapent gaiement dans les bancs de menus fretin que nous sommes sont :

-         Pour l’essentiel de grandes sociétés multinationales :

  • celles qui ont leur siège en France : Vivendi, Lyonnaise des eaux, Bouygues, Bolloré, Total, Lagardère, Dassault, Crédit agricole, Carrefour,
  • de grands groupes financiers multinationaux. En 2004 les fonds spéculatifs d’investissement – les actifs sous gestion de fonds d’investissement – représentaient 6200 milliards d’euros aux E.U et 4000 milliards en Europe.
  • les fonds de pension (actionnaires dans 3600 entreprises françaises pour 8% du PIB et 1000000 de salariés).
  • Les Hedge Funds et les Fonds Souverains asiatiques et du Golfe.

En comptant tous les actionnaires, concentrés à 90% en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, on compte selon l’orfèvre Jean Peyrelevade « environ trois cent millions de personnes, femmes et enfants compris » soit 5% de la population mondiale sous domination financière.

Au sein des actionnaires, on peut différencier :

-         les « vraiment riches » qui ont au moins un million de dollars en actifs financiers), très peu nombreux. Ils concentrent la richesse :  dix à douze millions d’individus (0,2%de la population mondiale) contrôlent la moitié de la capitalisation boursière de la planète et, vraisemblablement, une proportion à peine plus faible du patrimoine marchand de l’humanité.

-         à l’intérieur des « vraiment riches », une toute petite fraction, les « ultra-riches », 77 000 ménages (0,0025%de la population mondiale) détiennent environ 15% de la richesse mondiale.

Rappelons, pour conclure, que les P.D.G. gagnent en moyenne 500 fois le salaire moyen des ouvriers aux Etats-Unis (contre 44 fois en 1965) et en France 200 à 400 fois le SMIC pour les P-D.G des sociétés du CAC 40

Si vous voyez un logique à finalité humaine dans ce monde, faites nous signe.

Plus que jamais un autre monde est possible,

un autre monde est nécessaire

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Irlande la Démocracie aux forceps

Posté par section le 4 octobre 2009


Communiqué d’Attac France

 

http://www.france.attac.org/spip.php?article10364

 

Le résultat est clair : le vote « oui » au Traité de Lisbonne s’est exprimé à une large majorité. Mais il n’efface pas le déni démocratique qui a été institué, avec la décision de faire revoter des citoyens irlandais qui ont « mal » voté en juin 2008. Cela après qu’en France et aux Pays-Bas, les gouvernements aient décidé d’entériner le vote sur le Traité de Lisbonne par un vote parlementaire, par peur que leurs citoyens ne revotent « non » sur un traité jumeau du Traité constitutionnel européen.

 

Tous les moyens ont été mis en œuvre pour tenter de faire changer d’avis les Irlandais. A commencer par les moyens de communication, à coup de campagnes largement financées par les grandes entreprises comme Ryanair et Intel, qui ont donné des sommes énormes pour la cause du « oui ». Des engagements ont été pris par le gouvernement irlandais et le Conseil européen, mais uniquement à destination du « non » de droite nationaliste : nomination d’un commissaire irlandais, possibilité de poursuivre un dumping fiscal en Irlande, maintien de l’interdiction d’avorter,… Par contre, rien pour le « non » de gauche, qui se bat notamment contre une Europe du libre-échange, pour un nivellement vers le haut des droits sociaux et contre la militarisation inscrite dans le traité. Pourtant, ce « non » de gauche avait eu un rôle important, bien plus que ce qui a pu être rapporté dans les médias.

 

Le résultat de ce référendum n’est pas un « oui » à la forme et à l’orientation que revêt aujourd’hui l’Union européenne. C’est un « oui » obtenu par la peur et l’insécurité provoquées par la gravité de la crise. Il ne pourra conforter pour l’instant que la voie néolibérale dans laquelle est engagée l’Union européenne. La crise économique aurait dû pousser cette Union à une réaction politique d’ampleur, pour mettre au pas la finance et remettre le social et l’écologie au premier plan. Au lieu de cela, elle reste empêtrée dans le carcan de ses traités et de son idéologie néolibérale. C’est pourquoi nous continuerons à dénoncer, au-delà des traités, les politiques et directives qui poursuivent ce projet mortifère, et nous poursuivrons notre travail unitaire pour proposer des alternatives concrètes pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique.

 

Attac France,

Montreuil-sous-bois, le 3 octobre 2009

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Les derniers socialistes ?

Posté par section le 2 octobre 2009

Un bon article sur nous dans Politis

Les derniers socialistes ?


Jeudi 1er Octobre 2009, Par Michel Soudais

Le courant de Benoît Hamon et d’Henri Emmanuelli, qui tenait le week-end dernier son université de rentrée dans les Landes, veut « parler fort » et ne plus « baisser la tête ».

À défaut d’attirer les journalistes, l’université d’été de rentrée du courant de Benoît Hamon et d’Henri Emmanuelli a fait le plein de militants. Avec un bon millier d’inscrits sur les trois jours et le renfort de cinq cents locaux venus assister dimanche matin au meeting de clôture, il y avait, le weekend dernier au Vieux-Boucau (Landes), a souligné Benoît Hamon, « plus de participants qu’à Marseille », où Vincent Peillon avait réuni fin août Daniel Cohn-Bendit, Marielle de Sarnez et Robert Hue (Politis n° 1065), et « autant qu’à Montpellier », où, une semaine auparavant, Ségolène Royal organisait sa seconde fête de la Fraternité (Politis n° 1069). Un succès qui n’a pas dissuadé les principaux médias de bouder l’événement.

À leur décharge, les sujets débattus cadraient mal avec la mise en scène politique médiatique centrée sur quelques figures réputées présidentiables et les rivalités de personnes. Ou la préférence affichée des journaux à gros tirage et des radios pour tous ceux qui « brisent les tabous », selon l’expression réservée à tous les Éric Besson en puissance. Dans cet univers, les socialistes d’« Un monde d’avance » – c’est le nom de leur courant – constituent un monde à part. Un monde où se retrouvent d’« indécrottables archaïques », comme les qualifient Laurent Joffrin ou Denis Olivennes, capables d’ouvrir leur soirée dansante sur « Changer la vie », l’hymne du PS de la fin des années 1970 composé par Mikis Théodorakis. Ce qui constituerait une preuve suffisante de leur passéisme s’ils n’étaient en outre amateurs de chants révolutionnaires, du « Chiffon rouge » à « la Jeune Garde » en passant par « l’Appel du grand Lénine », au point de les entonner en choeur au beau milieu de leur banquet. Sans oublier « l’Internationale » des fins de réunion.

À l’arrivée au Vieux-Boucau, le week-end dernier, le contraste avec La Rochelle était saisissant. Un public jeune, souvent membre de l’Unef ou du MJS, moins de notables, pas de petites phrases mais des échanges et des interpellations argumentées. Et surtout des interventions qui tranchent avec le ronron solferinesque. « La nationalisation d’un certain nombre de secteurs doit redevenir le coeur du projet socialiste », lance Stéphane Delpeyrat, vice-président de la région Aquitaine, lors d’une table ronde dont l’intitulé, « La propriété contre le progrès », est déjà tout un programme. Plus tard, c’est une députée européenne, Françoise Castex, qui regrette l’abandon de « la notion de monopole public », sans laquelle « il n’y a pas de péréquation tarifaire ». Paul Jorion, sociologue et anthropologue des universités anglo-saxonnes, se taille un franc succès en expliquant qu’il ne faut jamais croire à la compétence des banquiers, milieu dans lequel il a travaillé ces vingt dernières années. Au fil des prises de parole, les militants étalent leur ressentiment à l’égard de dirigeants « frileux », incapables de « se mouiller avec nos amis » dans les forums sociaux européens ou mondiaux. Responsables d’avoir « abandonné nos idéaux depuis trente ans », mais aussi des mots, que pointe Marie-Noëlle Lienemann : émancipation, aliénation… « On n’entend plus le mot socialisme, poursuit-elle. On lui préfère la social-démocratie, alors que nous n’avons jamais été sociaux-démocrates. » Puis ils applaudissent l’orateur qui confie avoir « mal vécu la révision de la déclaration de principes » et « le ralliement du PS à l’économie de marché ».

Ressentiment également à l’égard du Parti des socialistes européens. La réélection de Barroso est « restée en travers de la gorge » de beaucoup. Pour Stéphane Delpeyrat, qui n’a pas compris comment le président du groupe des socialistes et démocrates du Parlement européen a pu « appeler à l’abstention dans un vote aussi important », « la coupe est pleine ». Le PS aurait dû prendre ses distances avec le PSE. « Il y a des moments où il faut être capable de dire non », complète Aquilino Morelle, l’ancienne « plume » de Lionel Jospin à Matignon. Non sans audace, les organisateurs avaient aussi invité le NPA, indésirable à La Rochelle, à participer à une table ronde sur le thème de la répartition des riches. Pierre-François Grond, de la direction du NPA, y côtoyait le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, le maire MRC de Belfort, Étienne Butzbach, Christian Picquet, de la Gauche unitaire, et le Vert Daniel Hegoburu pour un débat sur la répartition des richesses, animé par Benoît Hamon. Les animateurs d’Un monde d’avance, convaincus, comme l’avait expliqué un peu plus tôt l’économiste Liêm Hoang Ngoc, que « la crise n’est pas seulement financière mais est aussi une crise de la répartition des revenus », voulait y vérifier que sur un « sujet susceptible de structurer un contrat de gouvernement de gauche » des convergences étaient possibles. Peu de discordances tant sur l’état des lieux que sur les propositions à mettre en oeuvre sont apparues. Benoît Hamon en conclut, un peu vite (voir entretien), à la possibilité de rassembler toute la gauche. Reste que l’intention est là, confirmée par Henri Emmanuelli, qui a indiqué en clôture que la « responsabilité particulière » de son courant était de « continuer à prendre des initiatives » de cette nature « pour faire la démonstration » qu’il n’existe « pas de clivage insurmontable » à gauche.

Cette idée, largement admise, est ici rejetée. Christian Picquet a d’ailleurs essuyé quelques sifflets pour avoir dit : « Malgré les combats courageux que vous pouvez mener, le PS est en train à son tour de s’engager sur la voie d’une dérive accélérée qui l’amène effectivement à ne plus concevoir son avenir que dans l’alliance avec François Bayrou. » « Personne ne croit que le PS est déjà dans les bras du MoDem, sinon on n’existe plus », s’emporte Gérard Filoche. Un sentiment totalement partagé, y compris par ceux qui après avoir été proches de Jean-Luc Mélenchon ont refusé de le suivre, persuadés qu’il est encore possible d’influer sur l’orientation du PS. Eux mettent volontiers en avant leur influence dans un parti où, parce que la proportionnelle y est encore appliquée, leur courant, fort de ses 18,5 % au congrès de Reims et de sa participation à la majorité de Martine Aubry, s’est vu confier le porte-parolat du parti (Benoît Hamon), compte plusieurs secrétaires nationaux, et dirige 15 fédérations. En aparté, nombreux sont ceux qui reconnaissent que cette appartenance à la majorité est un funambulisme de tous les instants. Sur quels sujets, par exemple, faire entendre sa différence et marquer des clivages sans mettre en difficulté Martine Aubry, dont la majorité est fragile ?

Aussi, quand Benoît Hamon annonce qu’il est « fini le temps où [ils] baissaient la tête » et qu’ils iraient « combattre [leurs] adversaires politiques partout là où ils sont », ses propos sont perçus comme l’annonce d’une libération de la parole.

Pas encore lassés de lutter pied à pied contre les pesanteurs et les timidités du PS, la dépolitisation de leurs camarades de section gagnés par l’idéologie dominante, les militants d’Un monde d’avance reconnaissent aisément qu’une partie des socialistes sont tentés par un changement d’alliance avec le MoDem. Mais s’ils ont parfois l’impression d’être, comme ils s’en amusent, « les derniers des Mohicans », ils veulent néanmoins se convaincre que le pire n’est jamais sûr. « Je comprends que Jean-Luc Mélenchon qui a mené ce combat pendant trente ans ait fini par se lasser, nous confiait un jeune secrétaire national, je demande juste qu’on me laisse encore y croire trois ans ».

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Vote Irlandais

Posté par section le 28 septembre 2009

Le 2 octobre prochain, les Irlandais devront voter à nouveau sur le Traité de Lisbonne

Le Traité de Lisbonne est une version jumelle du Traité constitutionnel refusé en 2005 par les Français et les Hollandais. Le seul peuple autorisé depuis à s’exprimer par un vote est obligé de voter à nouveau, sur exactement le même texte, après avoir dit « non » une première fois, comme s’il n’avait pas compris.

Comme le notre, comme le vote hollandais, le premier vote des Irlandais n’a pas été respecté. Aujourd’hui tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de les faire changer d’avis, parce que le traité de Lisbonne ne sera ratifié que si les Irlandais l’acceptent.

Il est donc particulièrement important que ceux et celles qui sont attachés à la démocratie, au respect des peuples et à la construction d’une Europe sociale, solidaire et respectueuse de l’environnement expriment leur entière solidarité aux Irlandais qui continuent à se mobiliser pour faire respecter leurs droits.

Attac appelle aussi à signer le texte européen de soutien sur le site : http://www.no-means-no.eu/index.php?cccpage=home&set_language=en

Il nous reste un peu plus d’une semaine pour exprimer cette solidarité qui aura des conséquences pour toutes celles et ceux qui vivent en Europe. Voilà le sens de ce nouvel appel à nos amis irlandais « Votez NON pour moi ! »

Attac France,
Montreuil, le 24 septembre 2009

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