La retraite à soixante ans, un précieux acquis de civilisation

Posté par section le 29 janvier 2010

par Jean-François Claudon, Julien Guérin, Simon Thouzeau, Représentants jeunes de Démocratie et Socialisme (www.democratie-socialisme.org )

Toute la gauche est attendue au tournant sur la question des retraites. Les grandes grèves de 1995 et 2003 ont prouvé que les salariés sont attachés au système solidaire de retraite par répartition. Mis en place à la Libération dans une France en ruine, héritage du programme du Conseil national de la Résistance, ce modèle a permis aux retraités de sortir de la misère. Les coups portés par Balladur en 1993 et Fillon en 2003 furent autant de pas en avant vers un régime concurrentiel avec des retraites placées au grand casino de la finance mondiale. Sarkozy, l’associé du Medef, souhaite repousser l’âge de départ en retraite au-delà de soixante ans. Toute la gauche politique, associative et syndicale devrait être rassemblée pour défendre l’une des plus grandes conquêtes sociales issues de la victoire de mai 1981. Des millions de salariés épuisés par une vie de labeur ont pu ainsi bénéficier de cinq années supplémentaires pour voyager, se cultiver, profiter de leurs petits-enfants, bref jouir pleinement de la vie. Mitterrand avait raison quand il disait que la retraite à soixante ans avait « ajouté de la vie aux années » ! Cette mesure, mise en place il y a vingt-neuf ans, serait-elle devenue un luxe dans une France deux fois plus riche qu’à l’époque ? On n’ose y croire !
« Vont-ils bazarder la retraite à soixante ans ? », comme le titrait l’Humanité du 20 janvier ? On espère que non. Mais il est sûr que nous serons des millions à la défendre ! Cet acquis de civilisation a permis d’élever l’espérance de vie et d’assurer des pensions décentes à tous les travailleurs. On voudrait nous faire croire que l’urgence est de travailler plus longtemps même si, dans la réalité, l’âge de départ moyen est de cinquante-huit ans. En France, deux salariés sur trois ne travaillent plus à soixante ans et la durée moyenne de cotisation n’a jamais dépassé trente-sept annuités ! Et si un salarié sur trois est contraint de dépasser les soixante ans, c’est pour éviter un niveau de retraite trop bas. Les grandes entreprises jettent les salariés de plus de cinquante-cinq ans comme des Kleenex, alors que, par le travail de toute une vie, ils ont créé des richesses, de plus en plus accaparées par les profits. Les jeunes n’ont pas à payer demain les choix faits aujourd’hui en leur nom. Maintenir des salariés qui sont en activité depuis si longtemps et qui légitimement aspirent à la retraite, c’est autant d’emplois en moins pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Des salariés fatigués d’un côté, des jeunes chômeurs de l’autre : on marche sur la tête. Un emploi stable est une condition essentielle pour permettre à chaque jeune de construire sa vie et de mener à bien ses projets.
Il semble que ce soit une phrase mal bâtie qui ait fait croire que le Parti socialiste allait accepter la remise en cause de ce droit fondamental à la retraite à soixante ans. Ce serait un mauvais coup pour toute la gauche. En 2008, le PS a affirmé unanimement « lutter pour la préservation de l’accès à la retraite à soixante ans, conquête sociale majeure ». De même, les Jeunes Socialistes ont choisi de défendre « le système de protection sociale, notamment le système de retraite par répartition avec un âge de départ à soixante ans » lors de leur dernier congrès. A ce jour, aucune décision collective n’est venue remettre en cause cette position. Pour pérenniser ce système, des solutions existent : augmenter les recettes des caisses de Sécu en menant une lutte acharnée contre le chômage, rapprocher les durées réelles du travail de la durée légale à trente-cinq heures, augmenter les salaires, moduler les cotisations sociales salariales et patronales et récupérer les 65 milliards d’euros cachés dans les niches fiscales. Le but doit être de garantir des retraites à 75 % de reversement, aucune n’étant inférieure au smic. En un mot, il faut d’abord redistribuer les richesses. Du capital vers le travail.

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Identité nationale: que doit dire la gauche

Posté par section le 22 novembre 2009


Pour les deux anciens ministres socialistes Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, la gauche ne doit pas déserter le débat. Même si la manœuvre est électoraliste.

Tout a été dit sur la grossièreté de la manœuvre : le moment choisi pour parler de ce sujet sérieux et complexe -à quelques mois d’élections difficiles pour la droite- ; la problématique -des thèmes sélectionnés pour plaire à l’électorat d’extrême droite- ; la méthode -une fausse consultation, ignorant le Parlement, à partir d’un questionnement faussé et tendancieux- ; son maître d’œuvre – un renégat socialiste, ancien pourfendeur du sarkozysme et de ses inquiétantes dérives… Bref, tout concourt à disqualifier l’opération, dont la finalité électoraliste ne fait aucun doute. La gauche a raison de ne pas se prêter au jeu politicien qui consiste à organiser des réunions dont le caractère superficiel et la finalité ne font aucun doute. Pour autant, elle ne doit pas se contenter de dénoncer la manœuvre, car elle peut la retourner contre ses auteurs, en requalifiant les enjeux et en refusant de se placer sur le terrain erroné et dangereux choisi par le « ministre de l’identité nationale et de l’immigration ». Héritière des conceptions universalistes et progressistes de notre histoire, elle doit répondre aux incertitudes nationales et démontrer que la politique du gouvernement est fondée sur l’exaltation des différences, la compétition entre groupes et communautés, le creusement des inégalités. La devise de la République, liberté, égalité, fraternité est vidée de sa force propulsive.

Une crise d’identité ? Plutôt un manque de perspective d’avenir

Nos concitoyens voient bien que cette opération est un dérivatif pour éviter le débat sur les sujets brûlants: le chômage, les difficultés sociales, la désindustrialisation, les inégalités croissantes, la fiscalité et l’endettement, la remise en cause des services publics, la montée de la violence… Ils veulent des solutions concrètes à leurs problèmes, mais ils s’inquiètent de l’avenir de leur pays et de leurs enfants,  ils regrettent la perte de cohésion de la société et l’affaiblissement de la transmission des valeurs républicaines -auxquelles ils adhèrent très majoritairement- et ils aspirent à un projet commun qui porte une vision d’avenir, une perspective de progrès.

Car ils savent que l’identité nationale -si ce concept a réellement un sens- est d’abord la construction d’un espace politique autour de principes partagés, qui évoluent au cours du temps en s’enrichissant et autour d’une langue commune. Quand ce pacte n’est plus explicite, quand les promesses de progrès s’éloignent et que se creuse un fossé entre les principes et la réalité, le pays connait un lourd malaise et, d’une certaine façon, une crise d’identité.

La mondialisation libérale et la politique de Sarkozy menacent plus l’identité nationale que l’immigration

    Expliquer ce malaise et cette crise à partir de la question de l’immigration est inacceptable et erroné. En réalité, c’est plutôt la mondialisation libérale qui tend à contester et à remettre en cause les principes républicains, fondateurs de notre identité nationale. Ceux-ci se sont forgés au cours de l’histoire, se développant et s’élargissant, souvent grâce à l’apport décisif de la gauche. Ces éléments majeurs du pacte républicain, qui constituent l’identité française aujourd’hui, s’appellent :
- la devise de la République: liberté, égalité, fraternité ;
- les droits de l’homme et du citoyen ;
- l’Etat, qui incarne l’intérêt général, garantit la cohésion nationale, prépare et garantit l’avenir du pays ;
- le peuple souverain, qui entend maitriser son destin ;
- la délibération collective, contre le pouvoir personnel ;
- le droit du sol;
- la laïcité ;
- l’école publique et l’attention au développement et aux droits de l’enfant
- la protection et la sécurité sociale ;
- les services publics, acteurs essentiels de l’égalité et garants des biens communs, en particulier des ressources naturelles
Qui ne voit que ces conceptions ont été mises à mal par la montée du libéralisme économique et la domination des conceptions anglo-saxonnes ?

Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs clairement annoncé, au cours de sa campagne présidentielle, qu’il fallait rompre avec le modèle social français. Il s’est fait depuis le chantre de ces thèses, en sapant d’autres piliers de cette identité ou en prétendant la rénover : remise en cause de la laïcité (discours de Latran, Loi Carle, accord Kouchner/Vatican …) ; discrimination positive (tentative d’inscrire dans la constitution la reconnaissance des diversités !) ; accroissement de la dérive monarchique du pouvoir ; utilisation fréquente de propos « provocateurs », qui mettent à mal la vision humaniste que devrait promouvoir le chef de l’Etat. La Présidence de Nicolas Sarkozy est donc bien une menace pour l’identité française.

L’identité de la France, c’est la République

    Plus largement, le problème vient surtout du fait que nos valeurs républicaines s’incarnent de moins en moins dans le réel et ne semblent plus orienter l’évolution de la société française. Comment convaincre que la devise inscrite sur nos frontons est notre ambition commune, quand les inégalités sociales s’accroissent, le racisme s’installe, la promotion sociale est stoppée, certains quartiers dérivent en ghettos, quand se développent les privilèges pour certains et se multiplient les handicaps pour les autres, quand l’héritage et la fortune transmise comptent plus que le travail et le talent de chacun, quand le mauvais exemple vient du haut et que la République est sans cesse convoquée pour imposer des contraintes, des limitations et de moins en moins  pour favoriser l’émancipation de tous ! Certains enragent, d’autres se résignent. Le pays est désorienté.

    Il est évident que l’intégration des populations immigrées est plus difficile, si le pays doute de lui-même, perd ses repères  et ne se donne pas les moyens de la réussir.

La France n’est ni un territoire unique, ni une nation ethnique

Le choix du terme « identité » est contestable, car il privilégie une vision intemporelle et statique de la nation : approche partagée par ceux qui nient l’apport permanent des immigrés à notre pays et ceux qui valorisent la référence à la terre « éternelle ». Tenter de rattacher cette identité à la terre est d’ailleurs assez cocasse. De quelle terre parle-t-on ? Celle de Philippe Auguste? De Louis XIV, qui lui ajouta quelques provinces étrangères comme l’Artois ou le Roussillon? De Napoléon Bonaparte, qui crut pouvoir l’étendre à toute l’Europe? Des colonies, de l’Algérie d’avant 1962?….Cela n’a pas de sens. La France n’a jamais été une réalité achevée, une donnée figée de la nature et de l’histoire. Ni territoire ni « esprit d’un peuple », la France est, comme l’a rappelé Fernand Braudel, un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges.


Géographiquement, la France hexagonale est un carrefour entre des mondes  – continental, océanique, méditerranéen-, fait de centaines de micro-milieux, d’une mosaïque de paysages marqués par l’homme, lui-même contraint par la diversité des milieux. Il n’existe pas une France naturelle, mais des France géographiquement différentes. C’est encore plus vrai aujourd’hui, avec l’apport de l’outre mer.
La réalité démographique et ethnologique est, elle aussi, complexe et artificielle, faisant cohabiter les trois principaux mondes de l’Europe occidentale: germanique, celte et méditerranéen. La population française est – sur notre continent – celle qui a le plus précocement et le plus complètement brassé les ethnies.

    Le pacte républicain est devenu le fondement déterminant de notre destin commun et le socle de l’unité de notre nation. C’est le 14 juillet 1790, au Champ de Mars, à Paris, que les représentants des provinces décidèrent de créer ce que Renan définissait comme « cette grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, qui crée une conscience morale qui s’appelle une nation ».

La gauche a une responsabilité historique

La France naît à chaque instant d’un contrat collectif et d’un combat permanent qui, s’il s’interrompait, ferait tout s’écrouler. Peut être cette «  fragilité » apparente inquiète-t-elle nos concitoyens, surtout lorsque personne n’éclaire plus l’avenir. Là est la tâche de la gauche. Elle a imposé l’égalité dans notre devise, alors que la droite l’a toujours contestée, en tentant, récemment encore, de lui substituer l’équité. Elle a promu la fraternité, en alliant reconnaissance des droits individuels, des droits fondamentaux avec l’indispensable solidarité, la mutualisation des risques, le brassage social. Elle a porté en permanence l’élargissement de l’idéal républicain à l’ensemble des champs de la vie collective et singulièrement dans l’économie et le social.

Elle a toujours occupé une place déterminante dans les combats pour la liberté, dont certains reprennent, hélas, une singulière acuité, comme celui pour la laïcité, l’humanisme ou le développement des libertés publiques. Quant à l’internationalisme, c’est un des grands apports de la gauche, qui n’a jamais confondu la nation et le nationalisme, l’amour de la patrie et le repli sur soi ou le rejet des autres. Elle sait que, lorsque le nationalisme s’installe dans notre pays, il s’affaiblit, il recule et les problèmes intérieurs, les difficultés sociales s’accroissent. Elle sait aussi que la citoyenneté française n’exclut en rien la revendication de participer à une citoyenneté européenne et même l’espérance d’une citoyenneté mondiale.

L’épopée républicaine de notre pays n’est pas achevée. Elle constitue toujours un moteur  puissant pour nos concitoyens et elle conserve une force d’attraction indéniable dans le monde. On le voit bien, la crise et les bouleversements actuels requalifient  le modèle français, que le cycle ultralibéral a tant malmené. Y a- t- il dans notre pays une volonté politique suffisante pour engager cette reconquête ? Aurons-nous l’audace et le courage d’affronter le grand défi de l’égalité ?  Sans progrès vers l’égalité, le doute prendra le pas sur l’espoir. La gauche a, là, une responsabilité majeure et doit porter cette vision mobilisatrice de l’avenir. L’identité nationale a moins besoin de débat que d’action.

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Dix raisons de Choisir 4 Slogans chiffés

Posté par section le 22 novembre 2009

35, 60, 1600, 20 :

       1 – Pour convaincre 23 millions de salariés dont 17 du privé, il faut centrer sur le code du travail, les droits immédiats liés aux salaires et à la protection sociale. Lionel Jospin avait gagné en 1997 en osant « les 35 h sans perte de salaire » : alors qu’en 1995 il défendait les 37 h, avec des nuances sur les bas et hauts salaires, il y était allé franco et clairement, dès le 27 avril 1997, jour de la dissolution. Il faut toujours au moins un mot d’ordre phare, central, social pour gagner.

       2 – Un « projet », ça ne peut pas être une succession de grandes promesses et de grandes intentions. Échaudé l’électorat de gauche est devenu, à juste titre, méfiant. Les grandes phrases et les envolées lyriques contre la droite, contre le capital financier, pour « nos valeurs, pour la justice » ne sauraient remplacer des propositions concrètes. Offrir une « politique de civilisation » ne peut suffire. Même l’appel à une VIe République sociale (qui serait préférable à nos yeux) ne parviendrait pas à convaincre si on n’y ajoute pas du concret immédiat, saisissable, palpable qui change les conditions de la vie pour des dizaines de millions de gens.

       3 – Un projet « sociétal » ne vaut pas un « projet social ». Bien sûr, il faut les deux. Bien sûr, il faut mettre au coeur d’un projet l’école, et l’environnement, la recherche, ont une place décisive dans tout projet. Mais pour bien aller à l’école, pour sauver un bon environnement, pour se tourner vers les technologies d’avenir, il faut « des sous dans le porte-monnaie ».

      4 – Redistribuer les richesses, c’est la condition première de la relance. Il ne faut pas, contrairement à ce que prônent nos sociaux libéraux, relancer l’économie d’abord pour redistribuer les richesses ensuite. Il faut donner 200 milliards aux salariés, pas aux banques : donner de l’argent aux banques c’est arroser le sable et les bonus : on le vit. Les banqueroutiers demeurés incontrôlés rejouent au casino sans pour autant faciliter le crédit et l’investissement. Tandis qu’avec une hausse massive des salaires, ceux qui en bénéficieront dépenseront et cela stimulera relance et emploi.

      5 – Le combat pour l’environnement ne peut pas non plus précéder ni remplacer la redistribution des richesses, il en est un effet, un accompagnement, une partie prenante. Pour sauver la banquise, il faut lutter contre les banquiers. La poll tax doit viser Total et pas les ménages. Les changements institutionnels (VIe République parlementaire, constituante, suppression du cumul des mandats, proportionnelle, etc…) sont vitaux mais pas assez mobilisateurs, il faut d’abord conquérir une majorité sur des objectifs sociaux de masse.

       6 – Les hausses massives de salaires sont le meilleur, le plus simple, le plus direct des moyens de redistribution entre capital et travail. Augmenter les salaires, c’est renflouer du même coup les caisses de protection sociale, la sécu et les retraites ! La CGT réclame 1600 euros pour le Smic. Ce serait une hausse plus basse que celle de mai 68 (elle fut de 33% et cela porterait le Smic à 1750 euros aujourd’hui). Elle est possible et toutes les entreprises s’en porteraient mieux, comme en 68, contrairement à ce qui est colporté. La hausse du Smic boostera tous les autres salaires, équivalant à des hausses de 200 euros pour toutes et tous.

       7 – La réduction du temps de travail est incontournable pour lutter contre le chômage de masse et 2000 chômeurs de plus par jour. Contre le travail partiel appauvrissant, il faut maintenir les salaires et faire respecter les 35 h hebdomadaires, rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche, baisser les durées maxima quotidiennes et hebdomadaires, rétablir deux jours de repos consécutifs. Oui, on peut, on doit travailler moins, mieux et tous !

       8 – Il faut donner la priorité à l’emploi des jeunes et pas à celui des « seniors ». Les salariés continuent dans la vie réelle à ne travailler que 37 annuités : 2 sur 3 ne sont plus au travail à 57 ans. Rétablissons le plein emploi pour les jeunes et pour les adultes et si l’emploi réel progresse jusqu’à 58 ans, 59 ans, la retraite à 60 ans pourra se défendre avec un niveau décent, calculé sur les 10 meilleures années, à un taux de 75% pour tous indexé sur les salaires. C’est avec une échelle mobile des cotisations salariales et patronales qu’il faudra jouer pour faire face à des difficultés éventuelles dûes à la hausse du nombre de retraités.

       9 – Il faut répondre à la franche haine sociale que suscite la crise sans précédent, financière, boursière, spéculative que le capitalisme vient de produire. Les parachutes dorés, les retraites chapeaux, les stocks options, les bonus de toutes sortes sont insupportables de même que la fraude fiscale, les niches fiscales (72 milliards), les fortunes odieuses des 500 familles, les profits massifs du CAC 40 qui licencie quand même : il faut un message fort et clair, pas de revenus supérieurs à 20 fois le Smic, au-dessus, l’impôt prend tout. La fiscalité directe et progressive (l’impôt juste, IS, IR…) doit l’emporter sur la fiscalité indirecte et proportionnelle (l’impôt injuste, TVA, taxes…).

       10 – Avec le projet « 35, 60, 1600, 20 », la défense des services publics nous amènera tous ceux qui souffrent des reculs de l’école, de l’hôpital, du logement, des transports, des communications, des équipements publics. Il faut, selon nous, rétablir le projet d’une « économie mixte » où les lois de la République l’emportent sur celles du marché, où la réglementation l’emporte sur la prétendue concurrence libre et non faussée, où le juste échange l’emporte sur le prétendu « libre-échange », où le droit du travail s’impose aux actionnaires. Le service public doit être renforcé et étendu, dans tous les domaines de l’eau, de l’énergie, des transports, des logements, de l’éducation, de la santé, de l’environnement, de la communication.

C’est ainsi que nous gagnerons la confiance des 7 millions de travailleurs pauvres, la confiance des 23 millions de salariés, soit 91 % de la population active. Et alors, on aura le ban et l’arrière ban de l’électorat de Gauche, on gagnera à coup sur les élections présidentielles et législatives.

Une union de toute la Gauche dynamique se construira plus aisèment dès qu’on aura un tel projet et les questions d’alliance avec le Modem deviendront non seulement caduques mais aussi apparaîtront vaines, perdantes, risibles.

 

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Référendum Irlandais ( votez oui sinon gare)

Posté par section le 10 septembre 2009

D’ici quelques semaines, les Irlandais reprendront le chemin des urnes pour voter une nouvelle fois sur le Traité de Lisbonne. Médias, partis politiques, patronat, tous ont pris position pour le oui. Selon Le Vrai débat, pas question de laisser le peuple donner son propre avis, cette fois la machine totalitaire est bien rodée.

On en parle très peu en France, et pourtant dans moins d’un mois se jouera en Irlande un événement capital pour l’avenir de l’Union européenne. Le 2 octobre en effet, les électeurs irlandais sont appelés à revoter sur le Traité de Lisbonne, dans une version en tout point identique à celle qu’ils avaient rejetée par 53% des voix en juin 2008.

Deux mots résument la campagne qui débute : dérive totalitaire. Il ne faut pas craindre en effet d’employer cette expression, la plus appropriée pour décrire le climat dans lequel les Irlandais vivent les semaines qui les séparent du scrutin.

L’existence d’un deuxième référendum serait déjà en soi suffisante pour pouvoir parler de dérive totalitaire. Lorsqu’on refait voter un peuple sur un texte à 100% identique à celui sur lequel il vient de s’exprimer, on n’est clairement plus en démocratie. Les partisans les plus zélés, ou les plus aveugles, de l’Europe de Bruxelles pourront toujours essayer de trouver une justification plus ou moins tirée par les cheveux. Du point de vue des principes démocratiques, il ne peut pas y en avoir. S’ils tolèrent ce genre de procédés, ils ne sont pas démocrates. C’est leur droit, mais ils doivent en être conscients.

La dérive totalitaire concerne également la campagne référendaire. Seul parmi les 27 de l’Union européenne à avoir eu la possibilité de s’exprimer par référendum, le peuple irlandais est soumis à une terrible pression des milieux eurocrates politiques, administratifs et financiers.
Pour « éclairer » les électeurs, la commission européenne vient  par exemple de publier un livret censé résumer en quelques pages le Traité de Lisbonne. D’après la commission, les électeurs irlandais pourront suite à la lecture de ce guide « voter en conscience et en toute connaissance de cause ». Dès les premières lignes, le ton est donné : « L’objectif du Traité de Lisbonne est de rendre l’UE plus démocratique, plus efficace et plus transparente. Il donne aux citoyens et aux parlements plus de poids dans la conduite des politiques européennes, et donne à l’Europe plus de poids dans le monde, tout en protégeant les intérêts nationaux ». Bref, un Traité idéal pour une Europe idéale… Citoyens irlandais, radio Bruxelles vous informe !

Au niveau national, la quasi totalité des partis irlandais soutiennent le OUI, du Fianna Fail parti du premier ministre Brian Cowen au Fine Gael, principal parti d’opposition. Craignant que l’impopularité du premier ministre ne rejaillisse sur le scrutin (selon les derniers sondages, 85% des Irlandais sont mécontents de sa politique), le Fine Gael vient d’appeler les électeurs à « attendre les prochaines élections pour sanctionner le premier ministre. Pour le moment il faut dire oui à l’Europe ». C’est beau comme du François Hollande… On remarque que pour tromper l’électeur, on utilise toujours ce genre de raisonnement consistant à dissocier politique nationale et politique européenne, alors que cette dernière conditionne la majeure partie des politiques économiques des gouvernements (et c’est précisément sur ce point que les Irlandais sont mécontents de Cowen), et que 80% des lois nationales sont directement issues de Bruxelles dans la plupart des Etats membres. Il est donc parfaitement cohérent, et lucide, de voter contre l’Europe de Bruxelles lorsqu’on est mécontent de son gouvernement. Parler de confusion des scrutins est une escroquerie, une manipulation destinée à contenir la colère légitime des peuples.

Il va de soi que dans les médias, le camp du OUI est surreprésenté, bénéficiant de l’engagement des deux partis les plus importants du pays. Ceux qui se souviennent du déluge de propagande qui s’abattit sur la France lors la campagne référendaire sur la Constitution européenne en 2005 comprennent ce que vivent grosso modo en ce moment les Irlandais, d’une façon sans doute encore aggravée, en raison des pressions eurocrates plus fortes que jamais.
Autre dérive totalitaire, les arguments de campagne. Du côté du OUI, il n’y en a pas. Le seul ressort de la campagne est la peur. Tous les arguments, même les plus ridicules, sont bons à prendre pour terroriser l’électeur : aggravation de la crise en cas de victoire du NON, expulsion de l’UE, fuite des investisseurs étrangers. Cette stratégie de la terreur, utilisée par l’ensemble des partis du OUI, est complétée par le mensonge selon lequel l’Europe protégerait les pays membres de la crise. Un simple coup d’oeil sur les chiffres de la récession dans le monde montre au contraire que les premiers pays touchés par la récession furent les pays européens, qu’ils connaissent une dépression plus forte qu’ailleurs, et qu’ils sortent de 15 ans de croissance molle. C’est encore plus vrai au sein de la zone euro.
De toute façon, comment une Europe qui a fait du libéralisme mondialisé, de la déréglementation et du libre-échange sa seule devise pourrait-elle avoir un rôle protecteur dans une crise qui s’explique précisément par la faillite de ces principes ? Un peu de logique s’impose pour comprendre la réalité des chiffres, et déminer les mensonges du camp des eurobéats.

Enfin, les grands patrons irlandais se sont eux-aussi lancés dans la campagne du OUI. En tête, le PDG de Ryan Air, Michel O’Leary. Il faut dire qu’il attend le feu vert de la commission européenne pour le rachat d’un concurrent, Aer Lingus… Autre patron engagé, Jim O’Hara, le PDG d’Intel, qui vient de faire appel d’une amende de plusieurs millions d’euros prononcée par la commission contre sa société. Echange de bons procédés entre « Européens convaincus » dira-t-on…
Référendum après référendum (ils sont d’ailleurs de plus en plus rares), les pressions exercées sur les peuples européens pour qu’ils « votent bien » (et si possible du premier coup !) se renforcent, jusqu’à verser dans la dérive totalitaire pure et simple. Très clairement, quand il s’agit d’Europe, et parce qu’on touche à l’évidence au coeur de la machine, là où se prennent les vraies décisions, les peuples ne sont pas les bienvenus.

L’Irlande n’est pas la seule concernée. Le phénomène est général. Il est particulièrement fort en France où des parlementaires de tous bords, UMP, PS, MODEM, ont voté en catimini en 2008 le Traité de Lisbonne, copie-conforme de la Constitution européenne que nous avions rejetée par référendum en mai 2005.
La propagande depuis n’a jamais cessé. Pour vous en convaincre, visionnez ce court reportage diffusé par la chaîne France24 au sujet de la campagne irlandaise. La première phrase du journaliste donne le ton : « Les Irlandais ont voté NON l’an dernier, surtout parce qu’ils ne comprenaient pas le Traité de Lisbonne »…Ce journaliste, comme tant d’autres en France, est en mission : reprendre la communication européiste et faire croire au bon peuple que tout est affaire de pédagogie, que le NON ne peut s’expliquer que par un défaut de compréhension, et certainement pas par un rejet politique. Les démocrates dignes de ce nom doivent réagir, et vite.

Pour l’heure, nous ne pouvons que souhaiter une victoire du NON en Irlande, le 2 octobre prochain. Ce NON sonnerait comme un désaveu terrible pour l’ensemble des « élites eurocrates ». Les derniers sondages montraient une avance assez confortable du OUI, mais en reflux. Espérons que les partisans du NON sauront amplifier le mouvement.

Le Vrai débat – Blogueur associé

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Près de huit millions de personnes pauvres en France,

Posté par section le 15 mai 2009


Selon l’INSEE
       Environ 7,9 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France en 2006, soit 13,2% de la population, selon une étude de l’INSEE parue mercredi. En 2004, rappelle l’Institut national de la statistique et des études économiques, ce taux était de 11,7%, soit près de sept millions de personnes. Lire la suite l’article <#ynw-article-part2>

     
L’INSEE rappelle qu’en 2006, une personne vivant seule était qualifiée de pauvre quand son revenu disponible était inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant.
     
Près d’un tiers des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale (30,3%) étaient confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l’ensemble de la population. Cela représentait plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. A noter que les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d’une mère et de ses enfants (85% des cas).
    
A l’inverse, les ménages les moins touchés par la pauvreté étaient les couples sans enfant: seuls 6,4% des personnes en couple sans enfant étaient dans ce cas.
   
Dans cette étude intitulée « Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006″, l’INSEE note qu’au cours des dix dernières années, la baisse de la pauvreté a plutôt bénéficié aux familles nombreuses (couples ayant trois enfants ou plus), dont le taux de pauvreté a diminué de l’ordre de cinq points, alors que la situation des personnes seules et des familles monoparentales a peu évolué.
     
L’emploi reste une protection contre la pauvreté, observe aussi l’INSEE. Ainsi, en 2006, 9,8% des personnes actives, au sens du Bureau international du travail (BIT), c’est-à-dire occupant un emploi ou en cherchant un, avaient un niveau inférieur au seuil de pauvreté, alors que 15% des inactifs étaient dans cette situation.
  
Près d’un retraité sur dix (9,6%) avait un niveau inférieur au seuil de pauvreté, ce qui représentait 1,2 million de personnes. Les taux de pauvreté des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents étaient élevés, respectivement 17,7% et 18,2%.
   
L’INSEE souligne par ailleurs qu’en 2006, le niveau de vie était globalement croissant avec l’âge jusqu’à 59 ans, puis décroissant. A partir de 50 ans, la taille des ménages commence à se réduire avec le départ des enfants qui ont grandi, et le niveau de vie moyen est ainsi maximum pour la tranche d’âge 55-59 ans. Après 60 ans, le revenu est principalement composé de pensions et retraites, qui sont inférieures aux revenus d’activité de la période précédente.
    
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, les générations n’ont toutefois pas toutes au même âge des niveaux de vie équivalents. Si les générations nées avant 1950 ont, à chaque âge, un niveau de vie supérieur à celui de leurs aînées, ce n’est plus le cas pour les générations suivantes.
   
L’INSEE observe par ailleurs qu’en 2006, le niveau de vie médian, qui partage la population en deux parties égales, était de 17.600 euros, soit 1.470 euros mensuels. Le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées était 3,4 fois supérieur à celui des 10% des personnes les plus modestes. AP


 

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Ce que disent les nouvelles formes de conflits sociaux

Posté par section le 15 mai 2009


Par Michel de Laforce


Entre 1975 et 2005, le nombre de jours de grève comptabilisés en France aurait été divisé par dix-huit ! Toutefois, il serait illusoire d’en conclure que notre pays bénéficierait d’un climat social apaisé. En effet, on assiste à l’émergence de nouvelles formes de conflits, moins visibles, moins structurés, mais tout aussi ravageurs pour les entreprises. Les grandes grèves sont moins nombreuses. Mais le malaise social est toujours là, notamment chez les cadres. Alors que la crise s’installe, il est urgent de le prendre en compte dans l’expression du dialogue social, comme s’y attelle la FIECI.


Sur le papier, la France jouit d’un climat social de plus en plus apaisé. Les statistiques du ministère du Travail sont sans appel. Elles décrivent un déclin continu du nombre de jours de grève. En 1975, la France aurait totalisé quelque 4,5 millions de jours de grève contre seulement 750.000 en 1985 et 250.000 en 2005 ! Mais ces statistiques reflètent-elles la réalité vécue sur le terrain par les chefs d’entreprises et les salariés ? Rien n’est moins sûr ! Lors d’une récente conférence organisée par l’Institut de l’entreprise, Jean-Michel Denis, maître de conférences en sociologie à l’université de Marne-la-Vallée, s’est attaché à démontrer pourquoi (1).

Des grèves mal comptabilisées

Pour ce chercheur du Centre d’Études de l’Emploi, il faut d’abord relativiser la fiabilité des statistiques du ministère du Travail. En effet, il y aurait :
•    un problème de fiabilité car le signalement des conflits n’est accompagné d’aucun acte administratif obligatoire. De nombreuses grèves ne seraient donc pas recensées.
•    un problème d’exhaustivité lié au difficile repérage des grèves dans les PME et des arrêts de travail de courte durée (grèves d’une journée et débrayages). Or ceux-ci se sont développés à mesure que se répandait le travail à flux tendus.
Au final, il y aurait donc une sous-évaluation croissante des grèves. « Dans le ressort de l’inspection de droit commun, trois quarts des journées individuelles non travaillées (JINT) ne sont pas recensées en 2004 contre la moitié en 1992 », reconnaît Alexandre Carlier, de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES) du ministère du Travail (2).

Un constat démenti sur le terrain

Pour se faire une idée du climat social, mieux vaut donc observer ce qui se passe sur le terrain. C’est bien sûr ce que font quotidiennement les cadres et les élus de la FIECI. C’est également la démarche retenue par l’Enquête REPONSE (Relations professionnelles et négociations d’entreprises) réalisée de janvier à juin 2005 (3). Les données recueillies auprès de 2.930 représentants de la direction, 1.970 représentants du personnel et 7.940 salariés brossent un portrait social bien différent de celui résultant du seul comptage des jours de grève. En effet :
•    30 % des directions d’établissements ont déclaré avoir connu au moins un conflit collectif entre 2002 et 2004, contre 21 % entre 1996 et 1998 ;
•    la proportion d’établissements ayant connu des conflits avec arrêt de travail a augmenté de 2,4 points entre les périodes 1996-1998 et 2002-2004 ;
•    dans le même temps, la proportion d’établissements ayant connu des conflits sans arrêt de travail a augmenté de 6,9 points.

Des conflits collectifs en transformation

Selon Jean-Pierre Denis, les conflits n’ont donc pas disparu. Ils se sont transformés. L’Enquête REPONSE permet ainsi de constater :
•    une baisse de la proportion d’établissements touchés par des grèves de deux jours et plus (2,5 % contre 3 %) ;
•    une hausse de la proportion d’établissements touchés par des grèves de moins de deux jours (8,8 % contre 7,5 %) ;
•    une augmentation de la proportion des débrayages (10 % contre 7,5 %) ;
•    une explosion du refus des heures supplémentaires (9,6 % contre 3,2 %).

Si bien qu’au total, la proportion d’établissements frappés par un conflit collectif a augmenté de 30 % entre 1996-1998 et 2002-2004. Et il faut aussi prendre en compte des conflits individuels en très forte hausse !

Des conflits individuels en explosion

L’Enquête REPONSE permet en effet de constater une forte augmentation du nombre d’établissements concernés par les différentes sanctions prises à l’encontre des salariés entre 1998 et 2004 et particulièrement des :
•    Avertissements écrits : + 4,8 %
•    Mises à pied : + 7,1 %
•    Licenciements pour faute : +10,6 %
De même, les recours prud’homaux et les problèmes d’absentéisme se sont multipliés. Ils concernent respectivement 42 % et 47 % des établissements en 2002-2004.

Une individualisation des conflits touchant singulièrement les cadres

Par nature moins portés aux grands conflits collectifs, les cadres sont de plus en plus nombreux à adopter des comportements relevant de la révolte individuelle déclarée ou larvée à l’encontre de leur hiérarchie. Professeurs de management à l’EM-Lyon et à l’INSEAD, David Courpasson et Jean-Claude Thoenig se sont intéressés à ce phénomène dans un récent ouvrage au titre révélateur : « Quand les cadres se rebellent » (4). Ils estiment que ces confrontations ont des conséquences ambivalentes. Elles laissent des cicatrices durables, mais sont aussi « une occasion unique de produire des changements », bénéfiques tant pour le rebelle que pour l’entreprise. Mais pour cela encore faut-il que les motifs des révoltes soient compréhensibles par les directions. C’est là l’un des rôles majeurs du syndicalisme-cadres : transformer en revendications collectives intelligibles, le malaise social diffus et souvent invisible ressenti par les cadres. Seul un authentique dialogue social permettra de surmonter les nouvelles formes de conflits sociaux qui déstabilisent les entreprises.

(1) « Les nouvelles formes de conflictualité dans l’entreprise », conférence organisée le 11 mars 2009, par l’Institut de l’entreprise, à Paris (texte mis en ligne sur le site www.institut-entreprise.fr sous le titre Déclin ou transformation des conflits du travail).
(2) www.travail-solidarite.gouv.fr
(3) www.35h.travail.gouv.fr
(4) « Quand les cadres se rebellent », par David Courpasson et Jean-Claude Thoenig, Éditions, Vuibert, août 2008, 174 p., 19 €.

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COMMUNIQUE

Posté par section le 29 avril 2009

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE

PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tél : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84
Courriel : «
libre.pensee@wanadoo.fr »

-         
COMMUNIQUÉ         

La loi Falloux est rétablie par décret :

Le fait du Prince contre la République laïque !

Immédiatement, après avoir épuré de sa composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. Jules Ferry avait raison de dire, lors la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait « un corps vivant, organisé et libre. » Ce principe éminemment républicain a été sans cesse réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur, dispose que « L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires. »
Après d’autres, ce pilier de la République vient d’être abattu, au moment même où une série de « contre-réformes », également adoptées par décret, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand. Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est partiellement rétablie. Après en avoir été privée pendant cent vingt-neuf ans, la secte romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. C’est intolérable.

Par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, en effet, de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne initié par la convention du 11 avril 1997 sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région « Europe », ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de reconnaître mutuellement « des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des Parties ».

Pour la République française, il s’agit bien sûr des « grades et diplômes délivrés sous l’autorité de l’Etat par les établissements d’enseignement supérieur ». Pour le Saint-Siège sont concernés ceux attribués par « les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège » Le protocole additionnel à l’accord de Paris précise qu’entrent en particulier dans le champ d’application de ce dernier les diplômes ecclésiastiques de doctorat (niveau doctorat), de licence (niveau « master ») et de baccalauréat (niveau licence) obtenus dans les facultés ecclésiastiques qui, selon la constitution apostolique Sapiensa christiana de 1979, ont notamment pour objet de former des chercheurs, des professeurs d’universités et de séminaires, des chanceliers, des membres de tribunaux ecclésiastiques et d’autres titulaires d’offices, des conseillers d’évêques et de supérieurs religieux.

La ratification, par décret de l’accord du 18 décembre 2008, constitue au surplus un coup de force juridique inacceptable. Il ne s’agit pas de la simple reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par les systèmes légaux d’enseignement supérieur de deux États liés par une convention internationale. Au mépris de la laïcité, l’accord de Paris conduit, en effet, la République française à légitimer des titres universitaires attribués par des établissements d’enseignement supérieur catholiques sur son territoire, ou sur le territoire d’autres États ne les reconnaissant pas nécessairement. Il ouvre ainsi une brèche dans le monopole de la collation par l’Etat, des grades universitaires, instituée par la loi du 18 mars 1880.

Dans ces conditions, il appartenait au gouvernement de saisir le Parlement d’un projet de loi de ratification de l’accord de Paris en application de l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958 et non au président de la République de prendre un décret pour le faire entrer en vigueur. En l’espèce, l’accord de Paris modifie bien implicitement mais nécessairement « des dispositions de nature législative ». La voie suivie évitait la discussion du rétablissement partiel de la loi Falloux devant la représentation nationale.
Face à cette atteinte à la République et à la laïcité, la Libre Pensée exige l’abrogation du décret du 16 avril 2009 et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En conséquence, la Libre Pensée informe qu’elle dépose immédiatement un recours pour excès de pouvoir auprès du Conseil d’État pour demander l’annulation de ce coup de force contre la laïcité républicaine
Paris, le 28 avril 2009

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DIFFERENT COMME TOUT LE MONDE

Posté par section le 5 avril 2009

DIFFERENT COMME TOUT LE MONDE dans Informations Diverses doc programmecellieu2526avril2009.doc

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Conférence ,Débat Animé par Jean Luc FUGIT

Posté par section le 29 mars 2009

 « La pollution de l’air : description, conséquences et perspectives »

 

Voici le plan d’intervention que je développerai :

-         Le contexte

-         La pollution de l’air c’est quoi ?

-         La réglementation – La loi sur l’air

-         Le dispositif de surveillance

-         Les enjeux sanitaires et environnementaux

-         Perspectives …lien avec le développement durable

-         Conclusion et échange avec la salle

 

Durée approximative : présentation 1h30 + 30 minutes de discussion avec l’assistance.

 

Dates et lieu :

 

-         Mardi 31 mars 2009, 14h30-16h30 à la maison du temps libre de Saint-Paul en Jarez. L’organisation étant assurée par l’Université Pour Tous, les personnes qui ne sont pas adhérentes doivent payer 3 euros.

 

-         Vendredi 3 avril 2009, 20h30-22H30 au Centre Social de Saint-Paul en Jarez.  entré gratuite

N’hésitez pas à faire suivre l’invitation autour de vous !

 

Bien amicalement,

Jean-Luc FUGIT (Secrétaire fédéral Environnement développement durable)

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Education Populaire « Mythe ou Réalité »

Posté par section le 28 mars 2009

Education Populaire Invitation

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